La Cinémathèque québécoise

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PALMARÈS DU CINÉMA CANADIEN

1992_0006_22_AR_01Certificat d’honneur au Mérite.
Mai 1964. Signé par Ron Little, président du Palmarès du film canadien. Coll. Cinémathèque québécoise.1992.0006.22.AR.
« Décerné pour le film À tout prendre pour l’interprétation cinématographique, avec une imagination sans contrainte, d’une histoire personnelle qui est rendue par une extraordinaire intensité dramatique. »

Cinémathèque française

1984_0049_01_AR_39Album d’articles de presse (scrapbook) : Programme de la Cinémathèque française.
7 octobre 1963. Page collée. Coll. Cinémathèque québécoise.1984.0049.01.AR.
La Cinémathèque française a présenté le film de Claude Jutra sous le titre erroné de Rien à perdre.

1984_0049_01_AR_40Album d’articles de presse (scrapbook) : Arts et La Presse.
Du 2 au 8 octobre 1963. 12 et 16 novembre 1963. Trois coupures de presse collées sur une même page. Coll. Cinémathèque québécoise.1984.0049.01.AR.
Le n° 930 de l’hebdomadaire français Arts annonce la projection à la Cinémathèque française du film de Claude Jutra sous le titre erroné de Rien à perdre; reproduction dans le journal La Presse d’un communiqué envoyé par la production; et mention, dans le même journal, que les Cahiers du Cinéma font leur couverture arrière avec une photo de Johanne.

46p_030_26_1Brouillon de lettre de Claude Jutra à Henri Langlois.
Automne 1963. Manuscrit autographe. Trois feuillets quadrillés. Archives UQAM. Fonds d’archives Claude-Jutra, 46P-030/26.
Claude Jutra remercie Henri Langlois, directeur de la Cinémathèque française, d’avoir programmé son film, malgré le fait qu’il l’ait annoncé sous le titre erroné de Rien à perdre (voir le programme du 7 octobre 1963. 1984_0049_01_AR_43). Avec humour, il lui écrit : « On m’a fait parvenir la publicité des deux projections de mon film À tout prendre, à la Cinémathèque. J’ai vu qu’il était annoncé sous le titre de Rien à perdre. Un autre que moi aurait pu s’en formaliser. Mais à tout prendre, j’ai considéré qu’effectivement, je n’avais rien à y perdre, puisque les gens, lorsqu’ils liront le titre véritable, croiront que j’en ai fait un deuxième, et peut-être, iront le voir. » Il dépeint aussi sa difficile situation de président de l’Association des cinéastes.

1983_0049_24_AR_03Lettre de Raymond-Marie Léger à Claude Jutra.
19 octobre 1963. Papier en-tête. Deux pages. Coll. Cinémathèque québécoise.1983.0049.24.AR.
Raymond-Marie Léger, délégué de l’Office national du film en Europe, informe Claude Jutra que son film a été présenté à la Cinémathèque française et au Musée de l’homme, et qu’il continue ses démarches auprès d’éventuels acheteurs.

Venise

1981_0061_33_AR_04Lettre de Jean Rouch à Luigi Chiarini, directeur de la Mostra de Venise.
12 juillet 1963. Copie carbone, non signée. Coll. Cinémathèque québécoise. 1981.0061.33.AR.
Jean Rouch recommande au directeur de la Mostra de Venise de sélectionner le film À tout prendre. Il compare le film de Jutra à 8 1/2 de Federico Fellini. Cette copie de la lettre avait été envoyée à Claude Jutra. Le film n’a pas été retenu en compétition à la Mostra, mais il aurait été présenté au colloque de la Fondazione CINI à Venise; un communiqué de presse émis par Orion Films et les Films Cassiopée à l’automne 1963 fait mention de cette présentation.

1981_0056_18_AR_01Lettre de Jean Rouch à Claude Jutra. 
12 juillet 1963. Papier en-tête du Comité international du film ethnographique et sociologique. Coll. Cinémathèque québécoise. 1981.0056.18.AR.
Jean Rouch confirme qu’il a envoyé une lettre (voir document précédent) à Luigi Chiarini, directeur de la Mostra de Venise, l’invitant à sélectionner À tout prendre. Il suggère aussi à Jutra d’ajouter cette citation de Baudelaire comme sous-titre à son film : « Belle comme la nuit, mais comme elle peu sûre ». Cette phrase, dite par Claude en voix hors champ dans la scène de cabaret pendant que Johanne danse, est attribuée à Baudelaire par Rouch. On peut imaginer qu’il fait un rapprochement entre Johanne Harrelle et Jeanne Duval, la muse de Baudelaire, deux femmes mulâtres.

Concernant cette citation, l’auteur et professeur retraité de l’Université du Québec à Rimouski André Gervais, qui, depuis plusieurs années, travaille à une édition revue et augmentée de la biographie de Johanne Harrelle (Une leçon, 1980), nous écrit ceci : « Mais est-ce bien une citation de Charles Baudelaire? Un vers? De la prose? Est-ce tiré de l’une de ses œuvres ou de sa correspondance? Une petite recherche dans les œuvres en vers (la citation a toutes les allures d’un alexandrin) ne donne aucun résultat.

Et « la recherche » arrête là pendant plusieurs années, jusqu’au moment où, tapant dans Google ce vers (car c’en est bien un), on apprend qu’il est d’Alfred de Vigny et qu’il est cité par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam : il s’écrit maintenant « Belle comme la nuit et, comme elle, peu sûre » et est mis en épigraphe à « Sylvabel », l’un de ses Nouveaux contes cruels. Il suffit de vérifier dans une édition dûment annotée de Contes cruels et de Nouveaux contes cruels pour, éventuellement, avoir une réponse bien informée. Or c’est en 1968 qu’est publiée l’édition en question et ce n’est qu’en 2012 qu’elle a été « revue et corrigée » . C’est dans l’une des notes ajoutées en 2012 qu’on apprend que c’est, en fait, un vers d’Anatole France et qu’il s’écrit « Belle comme la Nuit et comme elle peu sûre » !

On peut alors imaginer que Rouch, ayant noté (ou se souvenant de) ce vers de Vigny qu’il a trouvé dans Villiers de L’Isle-Adam et pensant à Johanne, décide de l’attribuer à Baudelaire en pensant à Jeanne, la compagne de ce dernier : le prénom Johanne n’est-il pas une variante du prénom Jeanne, et les deux femmes ne sont-elles pas noires?

Même maintenant, on sait peu de choses de Jeanne Duval : ni le lieu et la date de sa naissance (en ou vers 1827), ni le lieu et la date de sa mort (en ou après 1870). C’est par hasard, donc, qu’il y a coïncidence entre Lemer, l’un de ses pseudonymes, et Lemerre, le nom de l’éditeur des poètes symbolistes (l’éditeur de France, pour ce qui nous concerne).

Avant qu’elle raconte un peu de sa vie dans le film et, au moment de sa présentation au Festival du film canadien — une section compétitive du Festival international du film de Montréal — en août 1963, dans quelques journaux, on ignore tout ou à peu près tout de Johanne Harrelle qui, dans le générique, n’a qu’un prénom, qui est son pseudonyme de mannequin.

Jeanne est une mulâtresse et Johanne est une « trop jolie métisse » . Jeanne est la « Vénus noire » de Baudelaire et Johanne sera la « vamp noire du cinéma canadien » .

Les deux lettres écrites le 12 juillet 1963 par Jean Rouch, remarquables l’une (à Jutra) par sa proposition, l’autre (à Chiarini) par sa déclaration, ne faut-il pas les articuler l’une à l’autre : qui est « Belle comme la nuit, mais comme elle peu sûre » sinon cette « autobiographie » qu’est À tout prendre. Et dans cette autobiographie risquée – « entièrement nouvelle » – de Claude, il y a beaucoup de celle dont le nom complet rime (belle / Harrelle, la nuit / Johanne) avec le premier hémistiche du fameux vers ».

cannes

1981_0061_10_AR_08Lettre de Louis Marcorelles à Claude Jutra.
4 février 1964. Coll. Cinémathèque québécoise. 1981.0061.10.AR.
Le critique français Louis Marcorelles incite Claude Jutra à présenter son film à la sélection de la Semaine internationale de la critique et cite un passage d’un article qu’il a écrit sur À tout prendre dans Les Nouvelles littéraires. Extrait de la lettre : « Le Canadien Claude Jutra, dans son premier grand film À tout prendre, tentait d’employer ces mêmes techniques (du direct), texte improvisé, caméra non statique, son passe-partout, pour faire revivre un épisode de sa jeunesse, sa liaison avec une belle jeune femme noire, Johanne; sans résoudre la quadrature du cercle, il nous donnait la nostalgie de ce cinéma dramatique non préfabriqué qu’il m’est arrivé déjà d’évoquer. À tout prendre : outre un grand prix officiel de 2.000 dollars, remporta le prix de la critique. »

1981_0061_10_AR_09Lettre de Claude Jutra à Louis Marcorelles.
10 février 1964. Copie carbone non signée. Deux pages. Coll. Cinémathèque québécoise. 1981.0061.10.AR.
Claude Jutra répond à la lettre du 4 février de Louis Marcorelles et l’informe de son intention de soumettre son film au Festival de Cannes et rend compte de l’intérêt des Américains pour son film.

1984_0049_25_AR_02Lettre de transport aérien d’Air France.
13 mars 1964. Copie carbone bleue. Coll. Cinémathèque québécoise. 1984.0049.25.AR.
Une copie 16 mm du film est expédiée à Paris au comité de sélection de la Semaine internationale de la critique.

1981_0061_10_AR_02Lettre de Louis Marcorelles à Claude Jutra.
22 avril 1964. Coll. Cinémathèque québécoise. 1981.0061.10.AR.
Louis Marcorelles annonce à Claude Jutra que son film À tout prendre n’a pas été retenu à la Semaine internationale de la critique de Cannes.

Dossier réalisé avec la collaboration de