La Cinémathèque québécoise

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LE MONTAGE

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« C’était un travailleur acharné. Comme je vivais avec lui, j’ai assisté au montage, seconde après seconde pendant un an et demi. C’est au montage qu’il m’épatait. Il était d’une minutie et d’une précision! » Cette citation de Johanne Harrelle, tirée d’un entretien réalisé en 1993, est particulièrement évocatrice de l’immense talent de monteur de Claude Jutra. Avant de tourner À tout prendre, il avait déjà ébloui ses collègues par sa maîtrise exceptionnelle de cet art. Ne lui doit-on pas les remarquables montages de La Lutte et de Québec U.S.A. ou l’invasion pacifique, pour ne citer que ces deux titres?

D’emblée, plusieurs de ses collaborateurs de l’époque, notamment, Werner Nold et Éric de Bayser, soutiennent qu’À tout prendre est né à la table de montage. Tous deux, avec Camil Adam, ont prêté assistance à Claude Jutra à cette étape du film. De nombreux analystes de l’œuvre de Jutra ont aussi relevé cette mosaïque particulièrement complexe que constitue le récit du film. Éric Fillion la décrit ainsi : « Claude s’adresse à lui-même avec une voix off qui se démultiplie, s’interpelle ou s’interrompt de manière importune. Les plans s’enchaînent et s’entrecoupent à un rythme irrégulier et parfois déroutant. Faux raccords, voix déphasées et noyées d’effets sonores, mises en abîme… tout y passe. »

À défaut de rushes, désespérément absentes des archives, les traces les plus significatives de sa manière de procéder au montage demeurent les transcriptions des dialogues improvisés des diverses prises d’une même scène. À partir de ces notes écrites, on peut imaginer Claude Jutra composant des séquences l’une après l’autre, multipliant les couches d’interprétations et s’adonnant à une véritable écriture cinématographique.

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Transcriptions des dialogues

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> Vidéo

Dossier réalisé avec la collaboration de