La Cinémathèque québécoise

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Depuis 1973, bon an mal an, l’Agence de Coopération Culturelle et Technique et la Cinémathèque québécoise unissent leurs efforts pour proposer aux cinéphiles québécois de découvrir un cinéma “francophone” méconnu.

Grâce à cette collaboration nous avons pu faire connaissance avec les cinémas de Tunisie et du Sénégal, découvrir les cinémas africains à travers plusieurs hommages aux “Journées cinématographiques de Carthage” et au “Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou” et plus récemment, à l’automne 83, nous familiariser avec l’œuvre du grand cinéaste égyptien Youssef Chahine.

C’est à l’occasion de cette rétrospective Chahine qu’est née l’idée d’un cycle égyptien. Récemment admise à l’Agence de Coopération Culturelle et Technique, l’Égypte se présentait comme un candidat idéal à la découverte. Possédant une longue histoire et un rayonnement culturel presque dominant dans le monde arabe, le cinéma égyptien est décrié chez nous, même s’il est totalement inconnu: curieux honneur! Les vingt films rassemblés grâce à l’amitié complice de Tahar Chèri’aa et l’enthousiasme redoutable de Khémaïs Khayati (et dont on trouvera la liste en appendice) ont hérité du rôle parfois ingrat de combattre les préjugés qui collent fatidiquement au cinéma égyptien : ces films illustrent — approximativement, cela va de soi, vu leur nombre limité — trente ans de cinéma égyptien : des années déterminantes dans l’histoire du pays, des années aussi où le cinéma égyptien passe les armes d’une génération à une autre, de Barakat et Abou Seif à Atef Tayeb en passant par Chahine, sans oublier le splendide isolement de Tewfik Salah.

Cette brochure veut en quelque sorte prolonger les quelques heures de projections de mai 84 à la Cinémathèque et marquer un nouveau pas en avant dans la découverte, pour nous et pour plusieurs aussi encore nécessaire, du cinéma égyptien.

Robert Daudelin

Directeur général et conservateur de la Cinémathèque québécoise (Montréal)


« Plusieurs obstacles se dressent devant les cinéastes en général et pas seulement les jeunes. Un des obstacles qui empêchent le cinéma de briser l’enveloppe qui l’étouffe c’est la censure en Égypte comme dans tous les pays du Tiers-monde. La censure empêche tout renouvellement, empêche la naissance d’un nouveau courant différent et réel… Alors, nous sommes obligés de mentir, mentir, mentir. La liberté d’expression est très réduite… Tous les films se ressemblent non seulement dans les idées mais dans le traitement. Pratiquent cette censure ceux qui se considèrent les parrains du peuple. C’est absurde. Ils sont pervers dans leur morale et leur comportement. Et dès qu’ils se mettent devant leur bureau, ils deviennent subitement responsables de la morale. Il faut détruire cette morale qu’ils défendent afin que cette société se développe. Ce qu’ils appellent tradition, la fonction essentielle du cinéma est de la briser… Nous sommes des menteurs et nos films mentent… On n’applique cette censure en Égypte qu’à l’égard des films « sérieux ». Il ne faut pas croire que c’est pour préserver le goût commun et les valeurs, non. On programme les films obscènes dans lesquels il y a de la drogue. Je ne suis pas contre les films de drogue. Ils sont libres de produire AL-BATINIYYA et AL-QIRCH mais qu’ils me laissent moi aussi exposer mon opinion sur la drogue. La censure s’applique aux films qui ont une personnalité particulière comme ceux de Chahine, de Abou Saïf, de Kamal al-Cheikh et Tawfiq Salah… »

Raafat al-Mihi
in al-Nahar du 21/03/82


Tahar Chéri'aa, Tewfik Salah et Khémaïs Khayati à Montréal à l'occasion de la rétrospective du cinéma égyptien.
Tahar Chéri’aa, Tewfik Salah et Khémaïs Khayati à Montréal à l’occasion de la rétrospective du cinéma égyptien.
Coll. Cinémathèque québécoise

 

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