La Cinémathèque québécoise

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Médiathèque

Pour accompagner certains programmes, cycles thématiques ou rétrospectives importantes, la Médiathèque prépare des « Repères bibliographiques ». Vous pouvez les consulter ici.

№.61, Jean-Louis Trintignant

En 1956, dans ET DIEU…CRÉA LA FEMME, Jean-Louis Trintignant, jeune acteur inconnu, à l’accent légèrement méditerranéen, donnait la réplique à Brigitte Bardot. Ce film lui apporta instantanément une notoriété à laquelle il ne s’attendait pas. De jeune premier, il était devenu un nom, une tête d’affiches. Au grand plaisir des cinéphiles, voilà bientôt 50 ans qu’il continue à nous envoûter par sa diction unique et sa voix sensuelle, nuancée, pleine d’élégance.

Cet acteur au jeu retenu, intériorisé, apporta au cinéma français un ton nouveau, proprement cinématographique, qui prenait enfin ses distances vis-à-vis la déclamation théâtrale encore trop souvent de mise sur les plateaux de tournage. C’est en 1966, avec UN HOMME ET UNE FEMME, que Trintignant approchera la perfection dans son art de jouer sans artifice, en donnant ses répliques avec une fraîcheur déconcertante.

Mais sa plus grande contribution à l’art du comédien est, sans conteste, son interprétation de Clerici dans LE CONFORMISTE: l’art du non-dit atteint dans ce film un paroxysme inégalé et Trintignant, affichant un visage impassible, révèle autant qu’il ne cache toute la tragédie du personnage.

De presque toutes ses interprétations, il nous reste aussi à la mémoire une présence physique pleine de charme et de sens et, plus particulièrement, un sourire  » à la Joconde « , énigmatique et distant, timide et tendre, narquois et inattendu, qu’il emploie avec grand art pour nous déstabiliser et rendre ce que les mots ne peuvent pas ou n’osent pas dire.

Pierre Jutras, La Revue de la Cinémathèque 83, p.13

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