La Cinémathèque québécoise

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L’histoire de l’ONF n’est pratiquement plus à faire au plan factuel. Par contre il manque d’études critiques qui en couvriraient la production, la distribution, le rôle social et politique, la place historique dans un plus grand ensemble culturel, etc.

Sans compter les multiples articles parus depuis 35 ans, on trouve en anglais un assez bon échantillonnage de livres consacrés à l’ONF. Par exemple :

— McKay, Marjorie. History of the NFB, Montréal, NFB, 1964

— James, C. Rodney. Film as a National Art. NFB of Canada and the Film Board Idea. (thèse soumise en 1968), New York, Arno Press, 1977

— Beveridge, James. John Grierson : Film Master. New York, Macmillan, 1978

— Morris, Peter. The National Film Board of Canada : The War Years. Ottawa, CFI, 1965

— Feldman, Seth et Nelson, Joyce. Canadian Film Reader. Peter Martin Associates, 1977

En français le menu est pour le moins frugal. Notre intention est à peine de le rendre plus consistant. Faire davantage impliquerait un travail plus considérable. Nous voulons seulement fournir à ceux qui sont intéressés par l’histoire de l’ONF quelques documents « officiels », c’est-à-dire provenant de sources autorisées, de corps constitués, de personnages en place, qui peuvent donner un échantillonnage valable des principales opinions ou des principaux enjeux dont fut l’objet l’ONF durant les 30 premières années de sa vie. L’intérêt est de les regrouper ici tous ensemble pour éviter à l’usager de courir à gauche et à droite pour se les procurer.

Nous avons choisi volontairement certains moments où l’ONF fut l’objet de controverses car c’est souvent dans ces cas-là que l’on peut mieux évaluer la position de l’ONF dans l’espace géopolitique et géoculturel canadien, que se produisent des transformations importantes ou que l’ONF est appelé à se redéfinir radicalement.

Comme nous le verrons, la nature et l’existence de l’Office ont été souvent contestées par des groupes ou des individus dont les intérêts et les visées étaient divergents, voire opposés, tant au plan politique qu’économique. À certaines époques de sa vie, l’état canadien a accordé à l’ONF suffisamment d’importance pour lui permettre de résister à ceux qui en exigeaient la quasi-liquidation, ou la mise au service de l’entreprise privée, ou la subordination à la télévision, etc., tout en refusant de le transformer en agence essentiellement au service de la culture cinématographique qui n’aurait de compte à rendre à personne et qui n’aurait qu’un seul objectif : la créativité.

Tous les paramètres qui ressortent des différents textes que nous avons cités jalonnent de façon récurrente l’histoire de l’ONF jusqu’à nos jours. Tel aspect, comme l’autonomie techni­que, qui fut valorisée il y a 20 ans par la mise en place des meil­leurs laboratoires au Canada, est aujourd’hui bradé et les laboratoires privés voient ainsi exaucée une de leurs revendica­tions de 1950. Tel autre aspect, comme le mandat de faire com­prendre le Canada aux Canadiens, fut bientôt l’objet d’apprécia­tions diverses suite à la montée du nationalisme québécois et de la transformation de l’Office en un des lieux les plus importants pour la production de films qui se définissent comme québécois et non canadiens. Tel autre aspect, comme les liens avec Radio-Canada, qui servit un jour de tremplin à la production, furent par la suite tellement mis de côté que pratiquement le cinéma onéfien disparut des ondes de Radio-Canada; toutefois rien ne dit que cela durera, surtout avec les orientations prises par l’ex-commissaire Lamy et son passage à Radio-Canada. Ces quel­ques exemples illustrent bien ce que nous appelons la récurrence de la problématique onéfienne.

Nous pourrions encore rappeler plusieurs autres de ces contradictions qui tissent toute l’histoire de l’ONF. Souligner son 40e anniversaire, ce n’est pas seulement parler du beau temps et de l’excellence de la production cinématographique, mais aussi des tempêtes qui soufflent toujours sur un appareil d’état. Puisse donc ce dossier contribuer à mieux saisir cette réalité complexe, tourmentée, mais combien palpitante et combien révélatrice de notre histoire sociale et culturelle.

L'ONF à Ottawa, John Street
L’ONF à Ottawa, John Street
© ONF

 

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