La Cinémathèque québécoise

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Cahiers des rencontres > CAHIER 2 : RÉPERTOIRE DES GROUPES > Asie et Océanie

Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis.

Japon

Objectifs

Trois cinéastes marquent le cinéma progressiste japonais tant par leur démarche que par les sujets de leurs films. Il s’agit de Nagisa Oshima qui avec des films comme Nuit et brouillard sur le Japon, Le petit garçon et La cérémonie marque un certain cinéma issu du P.C. japonais mais produit dans le cadre de la production courante. Deux autres cinéastes, tant par l’importance du sujet traité et l’ampleur du traitement de leur film, marquent plus résolument ce cinéma, et ce sont Noriaki Tsuchimoto et Shinsuke Ogawa.

Le premier a réalisé avec la collaboration du comité de Secours mutuel des victimes de la maladie de Minamata, le Comité des citoyens pour la maladie de Minamata et le Comité d’accusation de la maladie de Minamata, un film d’une durée de 156 min intitulé Minamata, les victimes et leur monde. Dans la ville de Minamata, située dans une île au sud du Japon, est installée depuis plusieurs années une usine de produits chimiques: la Société Chisso. Les déchets de l’usine, renfermant des composés mercuriques sont rejetés à la mer. Ces déchets attaquent le poisson, mais n’en provoquent pas la mort. Mais lorsque le poisson est mangé, par le phénomène d’accumulation il provoque une grave altération du système nerveux. Les premiers cas de la maladie de Minamata sont apparus en 1956. La Chisso qui refuse de reconnaître ses fautes, a longtemps cherché à acheter le silence des victimes. Seule l’action collective des citoyens, permet d’organiser une revendication en justice. Le rôle de ce film fut déterminant dans la démarche des citoyens. Salle après salle, organisation après organisation, comité par comité, le film qui a circulé à travers tout le Japon, tantôt officiellement tantôt clandestinement, a servi à récolter des fonds pour poursuivre la lutte des citoyens, tout en informant la population. En quelques mois plus de 220 000 personnes voient le film. Ce geste place ainsi le problème au cœur de l’actualité japonaise. Le film fut produit par la Higashi Production (Daiichi Tokyo Bldg, 2-8-13. Nishi Shimbashi Manato-Ku, Tokyo, Japon).

Par la suite Tsushimoto réalisera d’autres films, cette fois en collaboration avec Shinsuke Ogawa, qui sorti des « majors » japonais s’associera avec d’autres jeunes cinéastes de la nouvelle gauche japonaise pour fonder la Ogawa production.

Ogawa réalisera ainsi quatre longs films sur les luttes de Narita: le combat des paysans de ce village d’une banlieue de Tokyo afin d’empêcher l’érection d’un nouvel aéroport international géant. Il produira aussi Un été à Sanrisuka (108 min, 16 mm, n&b), et Hiver de Sanrizuka (139 min, 16 mm, n&b), en collaboration avec le Front de libération japonais de même que La guerre des trois jours (55 min, 16 mm, n&b) et le film le mieux connu de cette série Sanrizuka: Les paysans de la seconde forteresse (142 min, n&b, 16 mm). L’expérience de ces trois réalisateurs en particulier, (il y a d’autres expériences parmi les étudiants des universités de Nihon et ailleurs et d’autres mouvements de la gauche japonaise) témoigne d’une approche assez exceptionnelle dans le cinéma militant, en ce que les cinéastes suivent et documentent une lutte plus spécifique.

Bibliographie

  • Cinéma 70, No: 151, décembre.- « Cinéma militant au Japon ».
  • Documents de la 8e Mostra di Pesaro, 1972.
  • Libération, Paris 25 et 25 novembre 1973.

Australie


Cine Action

1100 High Street. Armadale, Vic-3143. Tél: 509.91.33. (Brian Williams, Pat Longmore)

Principales activités

Groupe de distribution qui travaille principalement au niveau des ciné-clubs et universités. Distribue des films en 16 mm et 35 mm. Le groupe a été formé dans le but de dénoncer les accords bilatéraux anglo-américains qui contrôlent la distribution des films et la production du cinéma en Australie. Le groupe Cine Action s’intéresse principalement aux films à caractère socio-politique qu’il diffuse dans ses circuits. Plusieurs membres du groupe collaborent à la rédaction de textes qui dénoncent ce monopole.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

  • Vent d’Est, de Jean-Luc Godard;
  • Minamata, de Noriaki Tsushimoto;
  • Antonio das mortes, de Glauber Rocha;
  • Punishment Park, de Peter Watkins;
  • Le sang du condorde Jorge Sanjinés.

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39

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