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Cahiers des rencontres > CAHIER 2 : RÉPERTOIRE DES GROUPES > Amérique du Nord

Sommaire :
> Canada
> Québec
> États-Unis d’Amérique

Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis.


Canada


DEC Films

(Development Education Center). 121 Avenue Road, Toronto, Ontario. Tél: (416) (Kae Elgie, responsable de la distribution/film. James Swift et Glen Richards, resla documentation.)

Origines et historique

DEC Films est un centre de distribution à caractère non lucratif, formé en février 1974 par le Development Education Center de Toronto.

Objectifs

Rendre accessible à la population canadienne un éventail de films qui traitent de sujets contemporains et qui peuvent apporter des témoignages progressistes sur les luttes socio-politiques en cours dans le monde. Ces films qui apportent une dimension critique sur les situations sociales, économiques, politiques et culturelles de leur pays d’origine, doivent servir à provoquer des discussions d’ordre socio-politiques au Canada dans une perspective internationale.

Principales activités

Le groupe travaille sur plusieurs plans et dans plusieurs secteurs ainsi qu’avec d’autres groupes, dans cette perspective anti-impérialiste. Par exemple au niveau scolaire, des syndicats, des universités, des comités de citoyens etc. Un collectif de travail et de recherches rédige et distribue des dossiers sur le rôle des sociétés multinationales au Canada, tout comme sur le rôle de sociétés canadiennes à caractère multinationales, et leurs activités dans le Tiers-Monde.

Principaux films produits

Le groupe ne produit pas de films.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

DEC Films a une politique de location des films flexibles et qui donc varie selon les groupes et l’utilisation des films. Les films sont toujours accompagnés d’un animateur et/ou d’une documentation complète sur le film et le sujet traité. Les revenus de la distribution sont partagés avec les cinéastes directement.

DEC Films travaille présentement à l’établissement d’un réseau de distribution à travers le Canada, tout comme il espère pouvoir rejoindre le secteur dit « commercial » soit dans une ou plusieurs salles de cinéma au Canada avec les films qu’il distribue.

Principaux films distribués (en anglais-version et/ou sous-titres): When the People Awake, The Cry of the People, Revolution Until Victory, Free People in Guinea-Bissau, Mexico, The Frozen Revolution, Tupamaros.

Bibliographie

Un catalogue, de même qu’une collection de brochures et de dossiers sur plusieurs films et/ou situations dans le Tiers-Monde et au Canada.


Development Education Animateur Program

(DEAP) 2524 Cypress St. Vancouver, B.C. tél: (604) 738.88.15 738.95.15 (Leslie Adams et Kathryn Anderson).

Principales activités

Un nouveau groupe, un peu semblable au DEC Films de Toronto et dans sa structure et dans son fonctionnement. Poursuit quelque peu les mêmes objectifs, à savoir: démontrer le rôle du Canada dans le Tiers-Monde par rapport aux intérêts multinationaux, tout en démontrant le rôle de ces mêmes intérêts au Canada.

Le groupe distribue des films et de la documentation. Il travaille en étroite collaboration avec l’International Development Educational Resource Association (IDERA) (resp. D. Tanchak et S. Marx. Même adresse à Vancouver.


Film League

a/s DEC Films. 121 Avenue Rd. Toronto, Ont. tél: (416) 964.69.01. (Claude Lacombe).

Origines et historique

Groupe créé en 1974 à Toronto. Le groupe est né de la nécessité qu’ont ressentie quelques cinéastes progressistes de la région de mettre en commun leurs ressources afin de produire des films.

Objectifs

Faciliter le travail des cinéastes progressistes qui veulent produire et diffuser des films utiles au changement social.

Principales activités

Le groupe travaille sur le plan de la production et de la diffusion de films progressistes et également il publie des textes et des documents sur le rôle du cinéma dans la société.

Principaux films produits

Le groupe a produit quelques films et quelques vidéogrammes.


Société Nouvelle/Challenge for Change

(Office national du film/National Film Board) Case Postale 6100, Montréal, Québec. Canada. Tél: 333.34.40 (resp: Jean-Marc Garand/tél: 333.33.33 Resp: Dorothy-Todd-Hénault.)

Origines et historique

C’est le Groupe de recherches sociales (GRS) de l’équipe de production française de l’O.N.F. qui est à l’origine de la structure Société Nouvelle et de son pendant à l’équipe de production anglaise: Challenge for Change. En 1966, à partir du tournage d’un film sur une région-type soumise à de brusques changements socio-économiques, se forme autour de Fernand Dansereau et Robert Forget le Groupe de recherches sociales auquel se joignent les cinéastes Maurice Bulbulian et Michel Régnier.

Contrairement à l’équipe de GRS et par la suite celle de Société Nouvelle, l’équipe du Challenge for Change pour sa part et dès ses débuts travaille à partir de « commandites », c’est-à-dire de films commandités par divers secteurs des ministères du gouvernement canadien, afin d’examiner, et/ou d’analyser certains problèmes socio-économiques. Le programme de l’équipe anglaise débute à Terre-Neuve chez les pêcheurs de Fogo Island avec le cinéaste Colin Low. Plus tard d’autres cinéastes se joignent au groupe de production: Arthur Hammond, Martin de Falco, Martin Duckworth, Dorothy Henault et d’autres pour la réalisation de documents sur des problèmes urbains, de santé, du travail, etc.

A partir de 1969 les anciens artisans du GRS sont rejoints par d’autres cinéastes concernés par le film d’intervention sociale, et prêts à se soumettre à une approche collective de travail. Il en va de même pour le côté anglais où le programme Challenge for Change s’élargit.

A partir de cette date tous les cinéastes de l’ONF/NFB ont libre accès aux deux programmes, qui reçoivent alors au niveau des structures, une composante externe et une autonomie réelle par rapport à l’ONF/NFB. Le gouvernement canadien fournit un budget et l’autorité s’exerce par l’entremise d’un comité inter-ministériel composé à parts égales des ministères intéressés et de l’ONF sous un président désigné par le Conseil privé. Les ministères suivants y sont donc représentés: Secrétariat d’État et Citoyenneté; Santé et bien-être; Travail; Agriculture; Affaires indiennes; Expansion économique; Société centrale d’hypothèque et de logement; Main d’oeuvre et Immigration, et Communications. La structure à quelque peu été rajustée depuis 1969, mais son fonctionnement est essentiellement resté le même.

Objectifs

A l’origine les deux groupes se définissaient comme suit: se servir du film pour faire des enquêtes et des recherches sur les inégalités sociales; mettre le film au service du peuple défavorisé, de façon à donner une voie à ceux qui n’en n’ont pas, et à leur fournir un outil de prise de conscience; promouvoir l’idée de changement. La période de transition a vu de nouveaux Objectifs se développer: l’importance des moyens de communications de masse dans l’évolution sociale et culturelle du milieu; le besoin de briser le monopole des classes moyennes sur les moyens de communication; la nécessité de toucher non plus seulement les classes défavorisées mais aussi les classes moyennes qui sont au pouvoir: contester l’autorité en insistant sur la participation des citoyens au contrôle de leur destin. Finalement les principes de travail actuel se résument ainsi: fournir aux cultures minoritaires un outil de prise de conscience, d’acquisition de connaissance et d’information et de communication tant horizontale (entre elles) que verticale (avec la culture majoritaire); révéler des valeurs nouvelles; intégrer production et distribution; élargir la formule traditionnelle du « film d’auteur » en tendant vers le « film d’équipe » dans le domaine social; faire de l’expérimentation dans le domaine des communications.

Principales activités

En plus de travailler sur un plan d’intégration de la production et de la distribution des films produits par les deux programmes, Société Nouvelle crée à Montréal le « Vidéographe » qui produit, distribue et montre les vidéogrammes qui lui sont soumis par projet. Le local du Vidéographe comprend toutes les facilités de production ainsi qu’une vidéothèque et un vidéothéâtre où l’on peut visionner les vidéogrammes individuellement ou en groupe dans la salle aménagée à cet effet.

Finalement depuis une couple d’années Société Nouvelle a donné lieu à un regroupement des femmes cinéastes et à l’élaboration d’un projet spécial intitulé En tant que femmes.

Du côté de Challenge for Change, le programme a été le lieu de formation de cinéastes indiens qui ont produits quelques films sur la situation des amérindiens du Canada.

Principaux films produits

La liste des films produits et/ou diffusés est disponible auprès des deux groupes. Des catalogues complets, comprenant description des sujets et des détails de production sont disponibles à l’adresse du groupe. Signalons toutefois les principaux sujets couverts par les deux programmes:

Société Nouvelle: un long-métrage et 27 films satellites sur la situation de St-Jérôme; L’école des autres de Michel Régnier; La P’tite Bourgogne de Maurice Bulbulian; un long-métrage de fiction réalisé à partir d’un scénario inventé et interprété par les citoyens d’un quartier défavorisé de Montréal; des films sur les Acadiens; sur l’immigration; sur une région du Québec, le Lac-Saint-Jean; une série de 15 films sur la Ville: Urbanose de Michel Régnier; la série En tant que femmes; La richesse des autres de Maurice Bulbulian, un film réalisé avec les ouvriers du cuivre au Québec et au Chili.

Challenge for Change: La série sur Fogo Island, Terre-Neuve de Colin Low; une série intitulée Working Mothers; des films sur les pénitenciers par Martin Duckworth; une série de films avec Saul Alinsky; plusieurs films faits sur et par les Indiens de l’Ouest; une série de films sur un quartier de Montréal (St-Jacques) dont des documents par Tanya Ballentine et Dorothy Henault; une série de films sur les mass medias et la violence (Colin Low); une série sur les grandes corporations canadiennes.

Bibliographie

  • Arts Canada, April 1970. – « Challenge for Change ».
  • Medium Media; publié par Société Nouvelle, une collection de 7 bulletins périodiques (à date).
  • Newsletter et Access: 13 numéros publiés depuis 1968, par le groupe Challenge for Change.
  • Canada Trajectoires 73: Catalogue de l’exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Publié par le Conseil des Arts du Canada. Ottawa. Des textes sur Société Nouvelle/Challenge for Change et le Vidéographe.

A TITRE D’INFORMATION:

Council of Canadian Filmmakers

P.O. Box 1003, Station « A », Toronto, Ont. tél: (416) 964.07.32 (Kirwan Cox) (Sandra Gathercole).

Objectifs

Regroupement du Front culturel des cinéastes anglophones canadiens (associations professionnelles, syndicats, unions, guildes). Groupe de pression sur le plan de la législation canadienne du cinéma, Recherches et travail, documentation, dossiers, sur la nationalisation de Famous Players (rep. canadien des Majors sur le plan de la distribution/exploitation) le contingentement, la censure, etc.


Québec


Association coopérative de productions audio-visuelles

(A.C.P.A.V.) 96 Ouest, rue Sherbrooke, Montréal. Québec, Tél: (514) 849.5031. (Dir.: Marc Daigle).

Origines et historique

Les premières discussions ont lieu fin 1970 et la Coop. est légalement constituée en février 1971. En mars 1971 elle obtient une subvention de fonctionnement de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne, (SDICC), qui lui assure une permanence administrative ainsi que de faire l’acquisition d’équipement. Elle est née d’un regroupement de jeunes cinéastes progressistes dans le but de permettre à ces jeunes artisans du cinéma de créer et contrôler les conditions de réalisation, de production, de distribution et d’exploitation de leurs œuvres.

Objectifs

Définition interne de la Coop: une assemblée de cinéastes qui décide de faire des films dans un cadre collectif selon une motivation commune: une ligne générale qui s’inspirerait de la dernière phrase du Manifeste de l’APCQ 71 (Association professionnelle des cinéastes du Québec): « Nous voulons que la collectivité québécoise retrouve au cinéma un reflet d’elle-même qui soit juste dynamique et stimulant »; l’invention de nouvelles formes de travail et de nouveau modèles de production, qui permettent de dépasser la perspective individualiste; une méthode de financement basée sur des petits budgets. Définition externe: la Coop veut faire des films clairs simples et enracinés; faire un cinéma qui irait à l’encontre de tout un cinéma qui participe à la domination culturelle et économique du peuple québécois.

Principales activités

Principalement production et services techniques: caméras, éclairage, Nagras, Micros, Steenbeck, Moviolas, et équipement photographique.

Principaux films produits

  • La vie rêvée. Mireille Dansereau, 88 min, coul, 16 mm & 35 mm. Deux jeunes filles dans la vingtaine tentent d’échapper à l’imagerie publicitaire qui vend l’amour, la séduction, l’évasion, la liberté à coup de beauté stéréotypée.
  • Tu brûles… tu brûles…de Jean-Guy Noël, 95 min, 16 mm, n&b. C’est l’histoire de Gabriel, jeune ex-pompier dans la vingtaine qui a choisi de vivre hors de sa société. A la frontière de la réalité-fiction c’est un peu plus que le phénomène du Non à tout. C’est aussi un Oui à l’imagination et à la fantaisie du quotidien.
  • Isis au 8. Alain Chartrand. 65 min, n&b, 16 mm. La vie à la campagne tente de plus en plus la jeunesse pour différentes raisons: constestation de la vie urbaine, de la civilisation, du système politique et social.
  • Une nuit en Amérique. Jean Chabot. 90 min, coul, 35 mm. Portrait en rupture d’une société dans un état de pourrissement avancé. Un film où l’on sent des forces occultes tirer les ficelles alors que la masse aux visages multiples (du fils d’ouvrier à l’Indien) vit dans un désarroi total.
  • L’infonie inachevée. Roger Frappier. 85 min, coul, 35 min. Un documentaire qui retrace l’évolution et la rupture d’un groupe musical qui a marqué la réalité culturelle québécoise des années 70.
  • Noël et Juliette. Michel Bouchard, 90 min. n&b, 16 mm/35 mm. Le film se veut le portrait d’un quartier ouvrier de Montréal, vu à travers les agissements d’enfants qui refusent de grandir, et qui préfèrent la réalité des bandes dessinées à celle qui les entoure.

La majorité de ces longs métrages ont fait l’objet de sorties en salles commerciales traditionnelles à titre d’expérience différente chaque fois. L’ACPAV vient de mettre de l’avant un projet de diffusion en collaboration avec une maison de distribution indépendante.

Bibliographie

Plusieurs documents et dossiers produits par le groupe. Un cahier publié par le CQDC sur Tu brûles… Tu brûles…


Carrefour International

4258, rue Delorimier, Montréal, tél: 527.66.11 (Iza Labelle).

Principales activités

Groupe d’information Tiers-Monde. Publie des documents/dossiers et distribue quelques films africains et latino-américains.

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


Cinéma d’information politique-Champ libre

(C.I.P.) 252 Est rue Mont-Royal no: 2, Montréal. Québec, tél; (514) 845.36.95 (resp. A. Berson; F, Giraud).

Origines et historique

A l’origine en 1968, le CIP première manière était un cadre de diffusion de films progressistes et militants (Semaines de cinéma politique dans un cinéma de répertoire, diffusion militante de L’heure des brasiers, films sur Mai 1968 etc.) utilisant des embryons de réseau parallèle à travers le Québec (collèges, universités, syndicats).

Il s’est fusionné à l’automne 72 avec le Groupe Champ libre, principalement producteur d’une revue politique de cinéma.

Objectifs

Développer au Québec un travail de propagande et d’explication des luttes ouvrières et populaires sur des bases marxistes-léninistes par la production et la diffusion de films militants. Développer aussi la critique politique de films, l’analyse du rôle du cinéma dans la société capitaliste (faite par la revue Champ libre) la diffusion de films (travail amorcé par le Comité d’information politique).

Principales activités

Le ClP-Champ libre a pris part activement aux différentes organisations du mouvement militant québécois de façon à refléter correctement son développement par différentes productions film/vidéo. Le groupe a également réalisé un diaporama sur le 1er Mai/Fête des travailleurs et un film super 8 mm sur l’exploitation des travailleurs haïtiens. Son travail a permis d’amorcer la création du Comité de solidarité aux luttes ouvrières qui rassemble une trentaine de groupes sur une base permanente.

Principaux films produits

  • On a raison de se révolter: 16 mm, n&b, 80 min. réalisation collective. Un film qui veut mettre de l’avant les luttes ouvrières les plus combatives desquelles on peut dégager des acquis politiques pour l’ensemble de la classe ouvrière.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

Ce film et les autres films du ClP servent à la popularisation et au soutien des luttes ouvrières. Il s’agit donc d’une diffusion essentiellement militante. Le CIP, en plus de diffuser les documents audio-visuels produits par lui, diffuse le film de Solanas, L’heure des brasiers; des films sur Mai 68 en France; et Shanghai au jour le jour.

Bibliographie

  • Mobilisation, No 5, février 1974.- « Entrevue ».
  • La Revue Champ libre, 7 numéros parus. 3 parus chez l’éditeur HMH, Montréal, les autres publiés indépendamment.

Conseil québécois pour la diffusion du cinéma

(CQDC) 3466 rue St-Denis, Montréal. Québec. Tél: (514) 842.50.79. (Directeur général: Lucien Hamelin).

Origines et historique

Le CQDC a été créé en janvier 1969 par les exécutifs de l’Association professionnelle des cinéastes du Québec, l’Association des producteurs de films du Québec, l’Association canadienne des distributeurs indépendants de films, et le Syndicat général du cinéma et de la télévision. C’est un organisme sans but lucratif, qui reçoit des subventions du ministère des Affaires culturelles du Québec, et de divers organismes du gouvernement canadien (SDICC, Conseil des arts) et qui est administré par les cinéastes québécois. La structure du Conseil est aussi soutenue maintenant par le Syndicat national du cinéma.

Objectifs

Le CQDC est un organisme de diffusion qui travaille au Québec et à l’étranger à promouvoir la connaissance des films québécois les plus progressistes et tous ceux qui donnent un reflet de la culture authentique du Québec. Le CQDC travaille à normaliser la circulation des films en développant des canaux de diffusion adaptés aux films et aux couches populaires de la population.

Le CQDC entend créer au Québec, et soutenir à l’étranger la création, de circuits de diffusion autonomes et alimentés en permanence par les films québécois et les films étrangers progressistes. L’organisme associe le plus possible les groupes locaux (et/ou nationaux) de diffusion à la définition et à la réalisation de ses programmes et de ses politiques.

Principales activités

Diffusion au Québec: organisation de circuits dans les villes et les campagnes, via les écoles, les groupes populaires, les salles de cinéma indépendantes. Par l’organisation de « Soirées-Rencontres » bâties autour de la présence d’un travailleur du cinéma québécois qui commente ses films et les discute avec les spectateurs. Ces soirées permettent un contact direct avec les divers aspects (techniques, financiers, artistiques) et les hommes qui en sont les premiers responsables. Le CQDC a de plus organisé diverses manifestations: quinzaine nationale de cinéma; il a collaboré à diverses manifestations régionales en fournissant des films et des animateurs. Il vient de mettre sur pied un programme de diffusion en salles commerciales à Québec, Montréal et autres centres importants du Québec, de même qu’il expérimente divers mécanismes de diffusion en salles commerciales normales, qui soient adaptés aux films et au public.

Diffusion à l’étranger: en liaison avec les organismes nationaux de diffusion, il a participé à des tournées dans les canaux offerts par les divers pays. Cette participation s’est effectuée principalement en France, en Belgique, sous forme de semaines, de rencontres, des films québécois et des cinéastes québécois avec leurs camarades étrangers, orientées vers le plus vaste public possible. En outre le CQDC assure la présence du cinéma québécois dans de nombreux festivals progressistes: Leipzig, Grenoble, Royan, Carthage, Ouagadougou, Pesaro, Poitiers. Il a en outre organisé des semaines de cinéma québécois à New York, Londres et Berkeley.

Le CQDC publie également des documents divers sur le cinéma québécois et ceux qui le font. Il a publié une série de 11 monographies consacrées aux cinéastes du Québec; un répertoire de films produits entre 1945-1974; des dossiers consacrés aux premiers films de jeunes cinéastes; et un bottin du cinéma québécois. Il possède en outre une abondante documentation sur le cinéma du Québec et ses cinéastes qu’il met gracieusement à la disposition des correspondants étrangers. Le CQDC agit en outre comme permanence du milieu auprès des cinéastes étrangers de passage, il favorise les contacts, et vient d’entamer une expérience de diffusion en salles de films du nouveau cinéma africain et arabe. Parmi ces projets les plus cher le Conseil projette d’établir une cinémathèque ambulante à travers le Québec, l’Ontario, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick qui fonctionnera à l’aide d’un ciné-bus qui portera régulièrement aux écoles, aux ciné-clubs, aux syndicats, et aux groupes populaires et comités socio-culturels une sélection régulière de films québécois et étrangers.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

Le CQDC n’est pas un groupe de production et ne possède pas de droits de distribution des films qu’il diffuse. Cependant le Conseil peut faciliter les contacts entre producteurs québécois et étrangers; participer à des ententes de diffusion bi latérales. Dans les limites de ce statut le CQDC peut faciliter la diffusion de films au Québec et même prendre en charge l’équivalent dans les pays partenaires. Il espère ainsi dégager les conditions d’échanges permanentes sur d’autres bases. Le CQDC souhaite voir s’organiser annuellement un circuit international du cinéma progressiste et révolutionnaire qui offrirait une sélection de films récents au public des pays où il est possible de faire voir ces films ouvertement. Ces manifestations devraient pouvoir être organisées selon des formules permettant de rejoindre les couches populaires en banissant toute forme protocolaire susceptible de nuire à cet objectif.

Bibliographie

  • Cinéma Québec, Vol: 3, No: 1, sept 1973: « Le CQDC: Transformer les conditions de diffusion au Québec ».
  • Le Soleil, Québec: 31-l-70.- « Les pionniers de la diffusion ».
  • Le Soleil, Québec, 26-9-70.- « Pour un cinéma qui perd de l’argent ».
  • Québec Presse, 2-8-70.- « Faire connaître le cinéma d’ici ».
  • Journal de Montréal, 22-7-74.- « Faire connaître nos films au Québec et à l’étranger ».

In-Media

130 rue Saint-Paul Est, Montréal, Québec. Tél: (514) 861.79.57. (fond, resp: Fernand Dansereau). (Bien que ce groupe n’existe plus, nous l’avons répertorié à titre de documentation sur l’expérience qu’il a représenté au Québec).

Origines et historique

In-Média fut créé en 1970 par une équipe dont la plupart des membres avaient été mêlés à l’expérience du Groupe de recherches sociales de l’ONF (Voir Société Nouvelle). A l’époque des « stages audio-visuels » furent conçu dans le but d’utiliser les medium de communication pour favoriser la communication avec les autres à travers la créativité. Parallèlement à ces stages, le groupe ouvrit des ateliers permanents consacrés à d’autres disciplines: expression corporelle, arts plastiques, musique, écriture, théâtre etc.). L’équipe fut graduellement amenée à poursuivre l’expérience des stages tant dans ses locaux qu’à l’extérieur, intervenant ainsi dans plusieurs milieux.

Objectifs

Le groupe entendait répondre à l’expérience de la créativité et de la communication en valorisant la personne. Cette attitude rend plus apte à agir positivement dans leur milieu, les personnes qui participaient à la dite expérience. « Animation par la créativité en vue de favoriser le changement de la personne en rapport avec son milieu. »

Principales activités

Le groupe agit comme animateur, organisateur ou encore il fournit des personnes ressources dans des groupes de travail, des organismes professionnels, des associations, des rencontres, colloques etc., utilisant ses méthodes propres.

Le groupe travaille au niveau de la formation dans plusieurs secteurs de la créativité. Finalement il agit comme « agent » d’intervention auprès des collectivités dans le but de faciliter la prise en charge du milieu par lui même. Le groupe produit des films, des vidéogrammes, met à la disposition des groupes des ressources au niveau des médias ainsi que des animateurs socioculturels.

Principaux films produits

L’expérience de production cinéma du groupe In-Média est intéressante. Ses activités vont du court métrage au long-métrage en passant par le cinéma didactique, la télévision en circuit fermé ou en circuit ouvert. Ses expériences furent principalement orientées vers le cinéma de participation non seulement avec les professionnels (travail collectif) mais aussi avec les spectateurs dans le but de substituer à ces rôles traditionnels de nouvelles fonctions, de nouvelles relations.

Bibliographie

Une brochure sur le groupe et plusieurs feuillets, dépliants sur ses activités, publiés par In-Média.


États-Unis d’Amérique


American Documentary Films

(ADF) (1967-1972). (Même si ce groupe n’existe plus aujourd’hui, nous l’avons inclus dans le répertoire car il représente en quelque sorte, le premier modèle de cinéma « alternatif de décolonisation » qui ait existé). ADF avait des bureaux à New-York (Jerry Stoll & Michael Myerson) et à San Francisco (David Castro).

Origines et historique

Il s’agissait d’une organisation indépendante à but non lucratif née du désir et du besoin de voir se développer un cinéma qui soit à l’encontre des buts poursuivis par le cinéma hollywoodien et son mercantilisme. Le groupe a également été formé afin de contre-carrer le monopole de distribution et d’exploitation des films, contrôlé par les Majors. C’est au moment de la contestation des années 1967-68 qu’il a pris forme dans le but de diffuser les documents de contre-information produits par des cinéastes indépendants.

Objectifs

Le groupe ADF était donc une organisation dont le but était de produire et de distribuer des films, des bandes sonores, et des documents écrits, qui documentaient, analysaient et éclairaient le changement social d’un point de vue humain et indépendant. Il avait été formé par des artistes du cinéma afin d’explorer les causes et les effets des problèmes sociaux et de montrer les relations avec d’autres problèmes dans le but de provoquer et de stimuler la recherche de solutions. Citation de Brecht comme ligne politique: « Méfiez-vous du désir de voir la contestation accomplir les difficiles tâches de l’art. »

Quelques soient les raisons qui ont vu la disparition du groupe, on ne peut s’empêcher de constater que l’ADF était malgré tout quelque peu à l’avant-garde des groupes qui lui ont succédé, du moins dans ses options et les buts qu’il s’était fixés.

Principales activités

Son rôle visait donc à fournir des canaux de diffusion aux films qui voulaient traiter des sujets socio-politiques dans une perspective progressiste plus large. Sa détermination à combattre l’influence des mass-média, que ce soient la TV, la radio, le cinéma, la musique ou l’imprimé, tout en dénonçant les

monopoles financiers qui les contrôle et en dénonçant leurs liens avec le complexe militaro-industriel américain, donné une voie au peuple, en exposant les sources et les causes de la pauvreté, de l’injustice et de la guerre.

Principaux films produits

  • Sons and Daughters. Jerry Stoll, 90 min, n&b, 16 mm. Le premier film réalisé sur le thème de l’opposition à la guerre d’Indochine, qui retrace les événements et la marche de protestation d’octobre 1965 à Berkeley contre la guerre du Vietnam.
  • Vietnam: How Did we Get In: How Can we Get Out? David Schoenbrun, 33 min. n&b, 16 mm.
  • Huey, collectif. 33 min, n&b, 16 mm. Une réunion du Black Panther Party à Oakland, Calif., avec des interventions de Cleaver, Carmichael, Brown, Foreman et Seale. Le film tente de définir la position politique des Black Panthers en 1968.

Et plusieurs autres films de long et court métrage sur différents sujets: le Vietnam, l’impérialisme, le chômage, l’organisation des travailleurs, les politiques électorales, les mouvements de libération de la femme, des noirs, des Amérindiens, des Mexicains; des films sur la question écologique, des films sur le Tiers-Monde, etc.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

Au niveau de la distribution/diffusion, American Documentary vendait des copies de ses films et/ou louait à divers organismes selon des tarifs adaptés aux moyens de chacuns. Le cinéaste contrôlait la diffusion de son film et un pourcentage de la recette vente, et/ou location était remise directement au cinéaste. Travaillant principalement en 16 mm ADF avait dû construire un réseau fondé sur des bases plus populaires pour la circulation de ses documents: écoles, universités, organisations politiques, comités de soutien ou de solidarité etc.

Bibliographie

Plusieurs dépliants, posters et catalogues publiés au cours de l’existence du groupe. Dernière publication de catalogue 1972.


Cine Manifest

308, 11th Street at Folsom, San Francisco, California, 94103: tél: (415) 626.55.96 (Peter Gessner, Stephen Lighthill).

Origines et historique

Le groupe a pris forme en 1970 à travers l’action de six personnes qui travaillaient dans la région de San Francisco et tentaient de former un Syndicat local: le Film Workers Union, qui s’est plus tard créé et s’est affilié aux cinéastes du poste de TV-KQED local 532 en 1972. Le groupe qui compte maintenant neuf (9) personnes a commencé à fonctionner en septembre 1972. Certains des cinéastes et techniciens avaient travaillé à American Documentary Films, d’autres avec Newsreel, et d’autres avec Francis Ford Coppola chez American Zoetrope, que plusieurs du groupe qualifient comme « une création hollywoodienne, un cheval de Troie à San Francisco. » L’optique de chacun était donc de travailler avec le film dans une perspective politique, dans une situation sociale consciente.

Cette conscience politique s’est développée non seulement à travers le travail chez ADF ou Newsreel, mais aussi à travers le travail de chacun des individus du groupe dans le cadre de l’action syndicale progressiste et tout autant dans des comités de solidarité aux luttes des mouvements noirs, Tiers-Monde, des femmes dans la région de la baie de San Francisco.

Objectifs

Cine Manifest entend produire des longs métrages de fiction dans une perspective socio- politique. S’inspirant des récents courants dans le cinéma européen, en particulier, et des films de Pontecorvo (La bataille d’Alger), de Rosi (Main basse sur la ville) de Bertolucci (Prima della rivoluzione) le groupe entend produire et réaliser des films de fiction pour les cinémas qui ne se contentent pas de constater ou de dépeindre les problèmes politiques actuels, mais qui démontrent les moyens que prennent les gens pour affronter et solutionner ces problèmes. Ce n’est pas là, affirme le groupe une idée neuve ou radicale, mais l’on constate, que le cinéma des périodes de crise a toujours joué un rôle d’évasion et de démobilisation. Cine Manifest croit qu’il est temps de renouer avec une tradition qui a donné au cinéma ces œuvres les plus marquantes dans des films comme Grapes of Wrath ou Salt of the Earth aux USA et comme Le voleur de bicyclettes en Italie. Le groupe croit de plus que l’attitude, ou l’option de travailler dans le domaine du cinéma pour un large public, est essentiel à une pénétration du travail politique à accomplir avec le cinéma au niveau des masses.

Principales activités

C’est donc sur une base collective que le groupe fonctionne depuis sa formation. Les salaires et revenus qui proviennent de la location de leur équipement et de leurs services (CineManifest produit des films de commandite pour les réseaux éducatifs, culturels, et aussi certains films industriels) sont mis en commun et redistribués sur une base paritaire de même que les sommes ainsi gagnées servent à l’achat et à l’entretien de l’équipement. Le travail collectif est un point d’ordre également au niveau de la rédaction des scénarios.

Ainsi le groupe peut compter sur une base matérielle et financière suffisante qui dégage et assure la présence et la permanence des énergies pour un travail collectif sur le plan de la scénarisation et éventuellement du tournage des films.

Dans le but de mieux intégrer et coordonner leurs travaux sur ce plan, le groupe a initié un atelier de comédiens travaillant et expérimentant au vidéo les notions et les théories de scénarisation. Le groupe vise ainsi d’établir une « compagnie de répertoire » de cinéma qui pourrait comprendre des scénaristes, des réalisateurs, des techniciens et des acteurs sous le même toit de travail collectif. La production du premier film a été entamée dans les derniers mois à San Francisco. Il s’agit de Over and Under (titre de travail) d’après un scénario de Gene Corr et Peter Gessner. C’est l’histoire d’un jeune ouvrier d’usine qui laisse son travail pour tenter sa chance dans le monde du baseball semi-professionnel. Sa rencontre avec une situation de grève sauvage menée par des ouvriers noirs et la conscientisation de sa condition détermineront son attitude positive et sa maturité.

Deux autres projets sont en cours de finalisation au niveau de l’écriture et le groupe entend produire ces films à petit budget et avec ses propres moyens de production.

Bibliographie

  • Cinéaste Magazine, Vol: VI, No: 3.- « Towards the Socially Conscious Entertainment Film ».
  • Brochures et autres documents publiés par le groupe.

Cine News

P.O. Box 40014. San Francisco. Calif. 94140. tél: (415) 621.61.96. (Jeff Marchant).

Origines et historique

Formé par des ex-membres du San Francisco Newsreel ayant réalisé le film Revolution Until Victory. Le collectif produit et diffuse des films du Newsreel et les siens. Il vient de réaliser un film sur la grève des travailleurs chicanos contre la Farah Manufacturing au Texas et au Nouveau-Mexique.

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


Corporation for Social Documentaries

140 Waverly Place New-York, 10014, N.Y.: tél: (212) 691.80.64. (resp. Norman Seider. Marc N. Weiss.)

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


Films for Social Change

5098 Westminster, St-Louis, Missouri 63108: tél: (314) 361.74.30 (Jay Brandt). (En Europe) Films for Social Change. Rijkuniversiteit te Utrecht, Sociolo- gisch Instituut, Heidelberglaan 2 – de Uithof, Utrecht, Hollande, tél: (030) 53.18.681. (resp.: Léonard Henny).

Origines et historique

Films for Social Change est une coopérative de diffusion qui a été fondée à St-Louis en 1970 par Leonard Henny et qui fonctionne sur une base non lucrative. Le bureau européen a été ouvert en 1972 et il est dirigé par M. Henny qui est professeur à l’Institut de sociologie de l’Université d’Utrecht. La Coop diffuse et échange des films qui traitent de la libération des Noirs américains, de l’écologie, de la contre-culture, de la résistance urbaine, et des luttes du Tiers-Monde.

Objectifs

Les objectifs du groupe sont de contribuer à la création d’une nouvelle prise de conscience par rapport à la qualité de la vie. De créer une solidarité réelle et un soutien aux mouvements de libération des peuples opprimés tant dans le Tiers-Monde qu’aux USA. Les films distribués par le groupe cherchent à soulever et à analyser les problèmes de l’environnement, et de la distribution des ressources et du pouvoir dans notre société.

Principales activités

Le groupe diffuse plus de 60 films réalisés par une trentaine de cinéastes indépendants provenant de 7 pays. Le bureau en Hollande agit comme intermédiaire entre les cinéastes américains et latino-américains d’une part et les circuits européens d’autre part: en outre le bureau d’Utrecht aide les cinéastes européens à trouver des circuits pour leurs films aux USA. (voir activités du groupe en Hollande sous la section Europe/Pays-Bas).

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

Le groupe ne distribue que des films en 16 mm: 1971 Wintersoldier; Bananera Libertad de P. von Gunten; The Brickmakers de Jorge Silva et Martha Rodrigues; Chale condraft de N. Reichline; Chicagode A. Tokinov; Teamsters-Students on Strike, collectif; d’autres films de groupes universitaires, ou politiques américains. Les films sont déposés à la cinémathèque du groupe et sont inscrit au catalogue. Les arrangements avec les cinéastes varient, soit par l’achat d’une copie, ou un partage des recettes. Le groupe tente de plus de trouver d’autres circuits pour la distribution ou la vente à d’autres groupes, aux télévisions etc.

En plus d’être diffusé dans les circuits communautaires, dans les groupes, écoles, universités, etc., le groupe possède un media truck qui circule dans la ville et projette les films dans les quartiers, accompagné d’animateurs. Cette méthode de diffusion est utilisée comme cadre de contre-information au moment où des problèmes majeurs, surviennent comme l’invasion du Cambodge, les bombardements au Vietnam, etc.

Bibliographie

Le groupe a publié plusieurs catalogues, tant à St-Louis qu’en Hollande de même que des rapports, dossiers etc.


Mission Mediarts

Ch. 32, T.E.A.C.H. Dept. 1011, Bryant Street, San Francisco, California (resp: Ray Rivera)

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


New World Cinema

(ex. Cinéma Engagé). 435 No. Roxbury Drive, suite 105. Beverly Hills, Calif. tél: (415) 843.69.00 (resp: Erica Sonn, Yves de Laurot).

Origines et historique

Le « mouvement Cinéma Engagé est apparu pour la première fois à l’Université de Yale en mai 1965, sous forme d’un manifeste, qui fut diffusé par la suite lors du Festival du film de New York en 1967. Plusieurs textes théoriques ont ensuite été publiés sur le « mouvement dans la revue Cinéaste, 1ère série.

Objectifs

Depuis quelques années le « mouvement » est installé en Californie où il regroupe plusieurs collectifs de production de longs métrages en 35 mm. De nature « activiste » le groupe entend non pas filmer ce qui arrive, mais bien filmer de façon à ce que les choses (ou l’action) se produise.

Principales activités

Le groupe possède son propre équipement, de même que de l’équipement vidéo et 16 mm. Il publie des textes théoriques et critiques sur le cinéma et la politique.

Principaux films produits

  • Silent Revolution. Yves de Laurot. 40 min, 16 mm, n&b. Un film « d’agitation-poétique » sur le mouvement noir aux USA.
  • Listen America. Yves de Laurot. 60 min, 35 mm & 16 mm, n&b. Documentaire poétique sur le « New Left » américain. Une critique du New Left des années 60 et sa chute dans les années 70. Le film veut retracer son historique de façon dynamique, ainsi que son développement, son potentiel et ses limites.

Bibliographie

  • Cinéaste, Vol: III, No: 4, Spring 1970. Vol. IV, no: 1, Summer 1970. Vol: IV, no: 2, Fall 1970 [Première série de la revue).
  • Cinéaste, (2e série): Vol: V, no: 4. « The Fallacy of Prolepsis: A critique of Yves de Laurot’s Cinéma Engagé ».

Pacific Street Film Collective

280 Clinton St. Brooklyn, N.Y. 11202. tél: (212) 875.97.22. (Steve Fischler, Joël Sucher).

Origines et historique

Les activités du groupe ont commencé vers 1969 alors que la plupart des membres étaient étudiants à l’Institut du film et de la TV de New York. Engagés politiquement et activement dans un mouvement politique de type anarchiste à l’Université, le groupe a vécu et documenté l’évolution de ce groupe jusqu’à son sabordement en 1969. Sorti de l’Université le groupe a décidé de former le Pacific Street Film Collective et de continuer à produire et réaliser un cinéma de type politique de contre-information sur différents sujets dans le contexte américain.

Objectifs

Pour le groupe, le cinéma qu’ils font n’est qu’un prolongement de leur propre engagement politique. Pour eux le cinéma n’est qu’un outil qui leur permet de traduire et de formuler leurs buts de façon cohérente afin de rejoindre le plus large public possible. Il pratique un cinéma de contre-information, dont le but ultime est de dénoncer l’hypocrisie du système capitaliste, et ce dans des formes qui soient accessibles au public.

Principales activités

Le groupe produit et réalise des films documentaires commandités dans le but de se donner une base financière. Ils ont produit des documents pour la ZDF en Allemagne et pour le National Educational Television aux USA.

Principaux films produits

  • Inciting to Riot. 35 mm, 16 mm, n&b, collectif. Le film tente d’établir un parallèle avec l’activisme politique à l’intérieur d’une université et les événements du monde extérieur. Par ce biais il démontre la complicité de l’Université de New-York dans la guerre du Vietnam et ses liaisons avec les grandes corporations internationales.
  • Red Squad. 4 min, 16 mm, n&b. Collectif: Ce film démontre les tactiques employées par les agences et les services d’intelligence des polices locales et nationales aux USA.

Bibliographie

  • Cinéaste, Vol: VI, no: 1, Radical American Film.
  • Whitney Museum of American Art, – N.Y.C., New American Filmmakers Series, Oct-Nov. 1973.

Philadelphia Filmmakers Workshop

5501 Wister St. Philadelphia, Penna. 19144. tél: (215) 985.09.32. (resp.: Lamar Williams).

Objectifs

Le groupe, récemment formé, a pour but de donner la chance aux cinéastes noirs de participer plus activement aux différents mouvements communautaires de la région. Il compte s’adonner principalement à la tâche de former et d’éduquer la communauté noire dans le domaine des moyens de communication audio-visuels. Le groupe compte également rétablir l’image du Noir américain qu’a stéréotypé le cinéma hollywoodien et les médias américains en général. Le groupe veut travailler à la décolonisation de cette image « blanche » qui est constamment imposée aux Noirs américains qui sont forcés de s’y identifier.

(aucune autre information au moment d’aller sous presse)


Third World Newsreel

(ex. Newsreel). 26 West, 20th St. New-York, N.Y. 10011. tél: (212) 243.23.10. (resp: Sue Robeson, Christine Choy).

Origines et historique

Avec ADF, son contemporain, Newsreel fut le premier des groupes de cinéma de contre-information. Il fut fondé en 1967 après la démonstration du Pentagone contre la guerre au Vietnam et sa formule s’est rapidement répandue dans plusieurs villes américaines importantes: New-York, San Francisco, Chicago, Détroit, etc., où des groupes politiques divers se sont chargé de faire circuler les films produits dans ces. différents centres par les « Newsreels ».

Le groupe de New-York était principalement composé de jeunes militants blancs issus de la classe moyenne. On y retrouvait les noms de Robert Kramer et Norman Fruchter et un noyau de jeunes étudiants. L’essentiel des efforts, portait alors sur la production de films sur les activités politiques dans les campus. Sur le plan diffusion, la priorité allait aux films « gauchisants » (Cuba, Vietnam etc.) Le groupe restait peu ouvert aux femmes ou aux ressortissants américains du Tiers-Monde. Le point de vue du groupe était franchement « New Left ». Au cours de 1970, le groupe a subit des changements importants adoptant une ligne politique de type maoïste où la critique et l’auto-critique devaient jouer un rôle important dans la continuité et la permanence de la formule sur le plan de la production et de la diffusion. En 1973 le groupe devient « Third World Newsreel ».

Objectifs

Le groupe est maintenant constitué principalement de jeunes Américains dont les origines ethniques sont Tiers-Mondiques. Il entend maintenant placer les outils audio-visuels, au service et/ou dans les mains des opprimés, des travailleurs, afin de produire et de distribuer des films qui dénoncent l’exploitation économique des peuples du Tiers-Monde (tant dans le Tiers-Monde qu’aux USA) le racisme, le sexisme et les agressions militaires américaines partout dans le monde.

Principales activités

Le groupe produit et distribue des films réalisés par le collectif ainsi que par d’autres cinéastes indépendants. Depuis 1973, il travaille également dans le domaine de la vidéo. Son activité est concentrée dans les services communautaires, les groupes de citoyens, des quartiers, les syndicats. Il a commencé également à former des techniciens issus des milieux minoritaires tiers-mondiques qui vivent aux USA.

Le groupe de San Francisco a lui aussi subit des transformations importantes depuis 1970. Un groupe distribue les films du Newsreel l’autre Cine News (P.O. Box 40014 San Francisco, Calif. 94140. tél: (415) 621.61.96) produit des films en 16 mm et des vidéogrammes.

Principaux films produits

Parmi les principaux films produits à diverses étapes de l’évolution du Newsreel, mais toujours en distribution:

  • Columbia Revolt. 50 min, 16 mm, n&b. Collectif. Grève des étudiants de l’Université de Columbia à Harlem, N.Y. afin de protester contre la recherche militaire faite par l’Université.
  • Finally Got The News. 55 min, col/n&b, 16 mm. Un documentaire sur l’organisation des ouvriers noirs dans les fabriques d’automobiles de Detroit.
  • Only the Beginning. 20 min, coul, 16 mm. En avril 1971 des milliers de vétérans de la guerre du Vietnam marchent sur Washington dans le but de dénoncer leur participation au génocide et demandent la fin des combats.
  • El pueblo se levanta. 42 min, n&b, 16 mm. Un film sur les Portoricains de New-York et le travail des « Young Lords », un parti politique qui lutte pour la reconnaissance des droits des compatriotes Portoricains, dont 1/3 de la population active a émigré aux USA.
  • Black Panther. 20 min. n&b, 16 mm. L’un des premiers films réalisé avec les Panthers qui comprend des entrevues avec Huey Newton, Eldridge Cleaver, Bobby Seale. The Woman’s Film. 40 min, n&b, 16 mm. Des femmes, blanches, noires, chicanos, parlent de leurs problèmes avec franchise et sincérité. Le premier film sur la femme fait par des femmes, pour des femmes.
  • Revolution Until Victory. 45 min, n&b, 16 mm. Le film retrace l’historique du mouvement de libération palestinien, et analyse la montée du mouvement zioniste international le rôle et la complicité d’Israël dans l’entreprise impérialiste.
  • Teach Our Children. 35 min, 16 mm, n&b. Collectif. A partir d’entretiens réalisés à la prison d’Attica, N.Y. pendant l’occupation, le film tente de démontrer comment le geste des prisonniers d’Attica est une caractéristique de la lutte des peuples du Tiers-Monde à l’intérieur même des USA. Un document « d’agit-prop » qui provoque une prise de conscience sur l’élargissement de la lutte.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

En plus de distribuer ses propres productions, Third World Newsreel distribue plusieurs autres films sur le Tiers-Monde et sur des situations américaines. Son catalogue comprend plus de 150 productions Newsreel, des productions de l’ADF, des films cubains, et latino-américains. Third World Newsreel, comme beaucoup d’autres groupes similaires, constate maintenant que bien que le réseau non commercial 16 mm de diffusion s’est accru et stabilisé aux USA. en particulier au cours des dernières années, l’auditoire qu’il touche, même s’il permet de compter sur une base financière qui assure une continuité, reste néanmoins marginal par rapport aux couches que touchent les circuits de distribution de masse contrôlé par la finance américaine. Le groupe cherche donc maintenant à redéfinir le type d’auditoire qui a besoin d’un cinéma progressiste; les mécanismes de diffusion qu’il faut développer pour rejoindre de nouveaux auditoires; la structure économique qu’il faut construire pour mieux contrôler production et distribution; la nature même des films sur le plan style et contenu. Pour cela le groupe a élargi son réseau de distribution des écoles, des groupes politiques, vers les regroupements Tiers-Monde à l’intérieur des USA, au niveau des organisations de travailleurs, et des institutions d’enseignement.

Ainsi, conclut le groupe, si la distribution théâtrale dans les salles est importante, elle doit constituer l’un des aspects de la diffusion, parce que les films doivent également rejoindre les gens là où ils peuvent plus directement les concerner.

Bibliographie

  • Cinéaste. Vol: IV, No: 4.- « Newsreel Film and Revolution ».
  • Positif, No: 97, été 68.- « Déclaration de The Newsreel ».
  • Film Quarterly, Winter 1968.- « Newsreel ».
  • Cinéma 70, No: 151, Déc.- USA, le groupe Newsreel.
  • Catalogues de Newsreel et Third World Newsreel.
  • Dépliants, brochures publiées par le groupe.
  • Film à Doba, 2 fév, 72.

Tricontinental Film Center

(ex: Third World Cinema Group) 333 Sixth Ave., New York, N.Y. 10014. tél: (212) 989.33.30 (Rodolphe Broullon, Gino Lofredo) Également un bureau en Californie: (P.O. Box 4430, Berkeley, Calif. 94704, tél: (415) 548.32.04. (Carlos Broullon).

Origines et historique

Les activités du Third World Cinema Group ont commencé en Californie, à Berkeley, alors que le groupe avait acquis les droits de La hora de Los hornos de Getino/Solanas et du Sang du condor de Jorge Sanjinés. Ce dernier film fut présenté au Festival de San Francisco en 1970. C’est au cours de la même année que fut fondée la Tricontinental Film Center à New-York.

A l’origine, et encore maintenant, le groupe avait été crée par de jeunes ressortissants latino-américains. Quelques-uns à titre de membres des « Brigades Venceremos », se rendent à Cuba en 1970 et voient pour la première fois des films latino-américains y reconnaissent leur pays, leur peuple, leur culture. De la nécessité historique de montrer ces films aux USA nait donc le groupe Third World Cinema. Ils trouvent les moyens d’importer un minimum de films et se débrouillent d’abord pour les faire voir, en organisant des projections-débats. Sans « culture » cinématographique, ni connaissances des mécanismes, ils parviennent néanmoins à rejoindre un public important. Le Tricontinental Film Center est donc né de cet engagement politique du groupe.

Objectifs

Le collectif est une corporation à but non lucratif formé dans le but de permettre une distribution maximum aux États-Unis de films contribuant à la compréhension de problèmes sociaux, économiques culturels et politiques du Tiers-Monde. Cette distribution devrait assurer en retour une base économique pour les cinéastes du Tiers-Monde, afin de réalimenter leur production.

Principales activités

Le groupe entend faire porter de plus en plus son action, sur la présentation des films dont il possède les droits 35 mm, dans les salles commerciales à travers les USA. Il distribue ces films également dans les circuits non commerciaux en 16 mm: les musées, les cinémathèques, les ciné-clubs universitaires, les organisations de base, les organisations politiques etc. Ce circuit forme l’essentiel des revenus du groupe. Cest le plus rémunérateur sur le plan des revenus pour les cinéastes dont il distribue les films. Tricontinental diffuse ses films dans ces circuits non commerciaux et dans les milieux éducatifs, où il vend en outre des copies de ses films à diverses filmothèques. Un « département » de ventes s’occupe de ce secteur.

Tricontinental publie un catalogue annuel qui est expédié à plus de 20 000 correspondants. Il publie des brochures et des guides de discussion pour chaque film qu’il distribue. Ces livrets contiennent des éléments de présentation et de discussion pour le film. Cette documentation est expédiée aux spécialistes d’études ffricaines, latino-américaines etc. Les films sont parfois accompagnés d’un animateur et/ou d’un conférencier pour présentation dans le circuit éducatif ou dans les organisations politiques. Le groupe a toujours mis l’accent sur la nécessité de prolonger le rôle des films par un travail politique d’information.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

Voir question 4 qui regroupe certaines des activités du groupe sur ce plan. Les tarifs de location et/ou de vente varient selon les groupes, leur importance et/ou leur rôle ou action. Principaux L-M. distribué par Tricontinental, catalogue 75: A Thousand and One Hands (Les mille et une mains) Souhel Ben Barka (Maroc); The Passengers (Les passagers)Annie Tresgot (France-Algérie); Free People of Guinea-Bissau, Axel Lohman & Rudi Spee; Peasants of the Second Fortress, Shunsuke Ogawa (Japon); The History Book, Janik Hastrup (Danemark); The Traitors (Los traidores), Collectif Grupo Cine de la Base, (Argentine); The Cry of The People, Humberto Rios (Bolivie); The Promised Land (La tierra prometida) Miguel Littin (Chili); When The People Awake (Cuando despierta el pueblo) collectif (Chili); What is Democracy?, Carlos Alvarez, (Colombie); Memories of Underdevelopment, Thomas Gutierrez Alea, (Cuba); Tupamaros, Jan Lindqvist, (Uruguay) produit par Film Centrum Suède; Attica, Cinda Firestone (USA); No Vietnamese ever called me Nigger, David Loeb Weiss, (USA); La hora de los hornos, F. Solanas & 0. Getino (Argentine).

Bibliographie

Catalogues, brochures, dépliants et autres documents publiés par le groupe.


Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39

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