La Cinémathèque québécoise

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Cahiers des rencontres > CAHIER 2 : RÉPERTOIRE DES GROUPES > Afrique et Moyen-Orient

Sommaire :
> Organismes internationaux
> Algérie
> Mozambique
> Palestine
> Sénégal
> Tunisie

Note : les informations qui suivent sont issues du cahier no 2 des Rencontres de Montréal. Elles datent de 1975 et n’ont pas été mises à jour depuis.


Organismes internationaux


Fédération panafricaine des cinéastes

(FEPACI) Secrétariat général: 39, rue Mohamed V – B.P. 1814, Dakar, Sénégal. Tél: 211.91/Ababacar Samb Makharam (secrétaire général). Présidence: BP 1054, Tunis, Tunisie. Brahim Babai (président).

Origines et historique

La FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes) est née officiellement en octobre 1970 lors du festival de Carthage. Sa création faisait suite à de nombreuses discussions tenues auparavant à Moscou, Tashkent, mais surtout lors du Festival des arts nègres à Dakar. En 1969 à l’occasion du Festival panafricain d’Alger une assemblée générale des cinéastes en décida la création. Au début elle regroupait des cinéastes de huit (8) pays. Maintenant elle en regroupe une centaine venus de plus de 30. La Fédération a en outre aidé et/ou favorisé la création des associations nationales qui la composent maintenant.

La FEPACI a établi des relations avec un certain nombre d’organisations similaires, ou à fonction identique, telles la SRF (Société des réalisateurs français), le Centre interarabe du cinéma et de la TV à Beyrouth, l’UNESCO et lors de la Rencontre des cinéastes du Tiers-Monde à Alger en décembre 1973, avec les cinéastes latino-américains. L’action de la FEPACI est soutenue par l’OUA (Organisation pour l’unité africaine) et par l’OCAM (Organisation de la conférence des États africains, malgaches et mauricien).

La FEPACI a joué un rôle déterminant en tant qu’organisme membre fondateur des festivals africains de Carthage et de Ouagadougou. Elle a de plus collaboré à l’organisation d’un festival de cinéma africain qui devrait se tenir dans un pays de l’Afrique anglophone en 1975, à savoir à Dar Es Salem en Tanzanie.

Objectifs

Les objectifs principaux de la FEPACI sont: 1- de travailler au décloisonnement d’un continent encore victime des vestiges du colonialisme; 2- de favoriser l’éclosion de cinémas réellement nationaux; 3- de lutter contre la mainmise franco-américaine sur les circuits de distribution. Ces objectifs avaient principalement pour but dans un premier temps (ils datent de la fondation de la FEPACI) de créer des liaisons entre les cinéastes du continent, d’aider à leur regroupement, et à la constitution d’associations nationales. Il s’agissait par ailleurs d’entreprendre des actions ponctuelles et stratégiques, auprès des autorités africaines (et internationales) et auprès de l’opinion publique africaine (et internationale).

La FEPACI est donc un instrument de défense et de promotion de tous les cinémas nationaux de l’Afrique, au sud et au nord du Sahara, tout comme elle s’intéresse à ceux des pays arabes frères du Moyen-Orient.

Principales activités

La FEPACI participe donc aux manifestations, colloques, symposiums et travaux qui se font en Afrique et ailleurs sur les structures du cinéma. Elle collabore à l’organisation de semaines et/ou séries consacrés aux cinémas africains sur un plan international. La Fédération a en outre travaillé à la rédaction de plusieurs rapports, documents, analyses etc., sur la situation du cinéma en Afrique.

Elle a collaboré en outre avec le FRELIMO, le PAIGC et le MPLA, qui font partie de la Fédération, à l’entrainement de stagiaires de ces mouvements de libération qui ont appris à faire du cinéma dans des pays africains. Elle organise également des projections des films de ces mouvements lors des divers festivals africains.

Depuis son existence elle s’est employée à défendre et illustrer les vertus des structures les plus émancipées, tout comme elle a multiplié les occasions de dénoncer les abus du système d’importation et de distribution des films mis en place par les monopoles occidentaux. La FEPACI a d’autre part signé des protocoles (après avoir souvent participé activement à la création) avec plusieurs sociétés africaines de cinéma comme la Sonavoci (Haute-Volta), l’Ocinam (Mali), la SIC (Côte d’Ivoire), la Sily Cinéma (Guinée) et avec la SATPEC (Tunisie).

Finalement lors du dernier congrès de la Fédération, à Alger en janvier 1975, une Charte du cinéaste africain a été adoptée, à laquelle se rattachent des résolutions sur les problèmes de la cinématographique africaine. Ces documents font suite au colloque sur la distribution et la production des films arabes et africains tenu à Tunis lors du dernier festival de Carthage en novembre 1974.

Bibliographie

  • Cinéma 71, no 154, « Cinéastes africains, unissez-vous ».
  • Afrique littéraire et artistique, no 24, août 1972, « Rencontre à Dinard avec les responsables de la FEPACI ».
  • Afrique-Asie, no 19, 11 décembre 1972, « Les cinéastes africains ne sont plus isolés ».
  • Cinéma Québec, septembre 1972, « Les cinémas africains ».
  • Cinéma 71, no 154, « La politique et le cinéma dans les pays africains ».

Comité provisoire pour la Création d’une société Arabo-africaine de cinéma

a/s SATPEC. 10 rue Ibn Kaldoun, Tunis. Tél: 259.766 (sec. gén.: Hamadi Essid; adjoint: Ahmed Baba Miské).

Origines et historique

Ce comité est né du premier colloque sur la production et la distribution des films arabes et africains organisé à l’occasion des cinquièmes Journées cinématographiques de Carthage en oct/nov 1974. Le comité a pour mission de convoquer l’assemblée générale de la future société qui compte pour le moment les pays suivants comme membres fondateurs: Tunisie, Sénégal, Libye, Dahomey, Niger.

Objectifs

Créer un marché commun du cinéma et de l’audio-visuel afro-arabe, promouvoir et populariser largement une politique du cinéma fondée sur: l’indépendance et la revalorisation culturelle dans le cadre d’une large coopération arabo-africaine; aider à l’éclosion et à la consolidation de productions nationales et multinationales ainsi qu’à la création d’une infrastructure d’exploitation et de diffusion.

Bibliographie

Le Monde, 7-11-74. – « L’Unité à Carthage ». Afrique-Asie, 2-12-74, No: 71. – « Vers un marché commun des cinémas arabes et africains ».


Algérie


ONCIC

(Office national pour le commerce et l’industrie cinématographique) Immeuble les Asphodeles. Rte. de Ben Aknoum. Alger, (dir. M. Laghouati. adjoint: Ahmed Bedjaoui).


Mozambique


Cine-Clube

Avenida D. Luis, Predio – 6° – Andar, Lourenço-Marques 1.

Origines et historique

« Dans le cadre général de la lutte de libération que le peuple mozambicain mène depuis plus de dix ans contre le colonialisme portugais, le cinéma n’a occupé qu’une place des plus modestes. Si l’on excepte quelques films d’information réalisés pour le Frelimo par les équipes étrangères et destinés à des projections à l’extérieur du pays, on peut même dire que le rôle du cinéma a été nul dans cette lutte. »…

« … le cinéma n’ayant pas de traditions dans la culture africaine, les ciné-clubs étaient des endroits où ne se réunissaient, finalement, que les éléments les plus cultivés de la minorité blanche. (…) Malgré ceci, des directions à majorité progressiste étaient parvenues à se faire élire… et à garantir une ligne qui échappait à l’idéologie coloniale portugaise… Au total, on peut dans une certaine mesure créditer l’action des ciné-clubs antérieurs d’une certaine action d’éveil politique avec cette réserve qu’elle était doublement limitée: du point de vue numérique et du point de vue idéologique… Quant à la production cinématographique… elle n’existait pas! …les circuits de distribution, étaient (et sont encore) dominés par la production américaine et européenne qui arrivait par le canal de l’Afrique du Sud et du Portugal. Cette production elle-même était parfois censurée par le pouvoir local! »

« Telle était donc la situation des ciné-clubs au Mozambique quand a éclaté le mouvement du 25 avril au Portugal. Mais aujourd’hui à l’heure de l’indépendance, des perspectives nouvelles et vastes s’ouvrent au septième art au Mozambique. »

C’est dans cette perspective que des étudiants et des intellectuels du ciné-club de Lourenco-Marques ont procédé à une réélaboration des principes théoriques de l’association et à une restructuration correspondante des cadres dirigeants dans le but de mettre le ciné-club au service du peuple.

Objectifs

« …poser les bases d’un cinéma profondément engagé dans la construction du nouveau pays. A cette fin, nous pensons créer des noyaux principalement à partir des classes laborieuses en leur dispensant un enseignement à la fois pratique et théorique et en organisant des discussions sur les formes les plus susceptibles de répondre aux aspirations du peuple mozambicain. (…) de cette façon nous pourrons lancer un cinéma révolutionnaire, réalisé par le peuple et pour le peuple… Pour cela nous comptons sur le potentiel de créativité originale de la révolution mozambicaine. »

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

« … nous avons formé des unités mobiles qui à raison de cinq fois par semaine, effectuent des sorties dans les zones suburbaines et à l’intérieur du pays. Notre participation dans ce type d’opération est strictement technique. Nous sommes accompagnés par des groupes de sympathisants du Frelimo qui organisent en même temps des réunions. La plupart de ces projections ont lieu en plein air car le public est très vaste… Nous essayons de former à chaque fois un noyau de deux ou trois personnes que nous initions au maniement des appareils de projections. Pour le moment nous avons surtout projeté des documents sur le Frelimo. Mais nous avons aussi reçu une copie du film sénégalais Le mandatde Sembene Ousmane. »

Le Cine-clube publie aussi une revue: OBJECTIVA 74.

Bibliographie

(in) Afrique Asie, no: 68, 4 nov. 1974.


Palestine


L’Institut du cinéma palestinien

B.P. 8984, Beyrouth, Liban. Tél: 317-442/304-584. (Délégué: Moustapha Abou Ali).

Origines et historique

La première équipe de cinéma fut créée en 1968 par Fateh, sous le nom de « Films Palestine ». Cette équipe commença par filmer les activités des combattants de la résistance et la vie des masses palestiniennes, surtout après la victoire de Karameh. Films Palestine a produit dix films de court et moyen métrage, et a soutenu la production de 15 films sur le peuple palestinien et son combat. L’équipe offrit ses services aussi à un grand nombre de correspondants des télévisions étrangères. Mis à part les réalisations de Films Palestine, neuf courts-métrages furent produits par l’ensemble des autres organisations palestiniennes: (F.D.P.L.P.), (F.P.L.P.), et le Centre culturel de l’OLP

Peu à peu les groupes ont pris conscience de la nécessité de s’unir, sur la base de l’utilisation du cinéma comme arme au service de la libération de la Palestine.

Une première réunion eut lieu après le Festival de Carthage en novembre 1972, et créa l’Association palestinienne du cinéma. Trois points avaient favorisé le regroupement: 1- la nécessité de continuer à tourner et produire des films sur la résistance palestinienne; 2- l’importance de l’archivage; 3- la nécessité de développer les relations avec les organismes progressistes dans le monde entier. En 1974, l’Institut du cinéma palestinien fut établi par le Bureau de l’information unifiée – O.L.P. L’institut ne se propose pas seulement de rassembler les cinéastes palestiniens mais aussi tous les cinéastes arabes qui ont fait preuve de positions progressistes et qui ont témoigné de l’intérêt à la cause palestinienne.

Objectifs

Produire des films réalisés par des Palestiniens sur la cause palestinienne et ses Objectifs, des films qui s’inscrivent dans le contexte arabe et s’inspirent d’un contenu démocratique et progressiste. Travailler à l’émergence d’une esthétique nouvelle destinée à remplacer l’ancienne et susceptible d’exprimer avec cohérence ce contenu nouveau. Mettre ce cinéma tout entier au service de la révolution palestinienne et de la cause arabe. Concevoir les films dans l’optique de présenter la cause palestinienne au monde entier. Créer une filmothèque qui réunira les archives filmiques et photographiques sur la lutte du peuple palestinien et en retracera les étapes. Renforcer les relations avec les groupes de cinéastes révolutionnaires et progressistes dans le monde, participer aux festivals de cinéma au nom de la Palestine et faciliter le travail à toutes les équipes amies qui œuvrent à la réalisation des Objectifs de la révolution palestinienne.

Principales activités

Parallèlement à la production le groupe, a amorcé en 1968 une diffusion militante des films. Ces activités se sont principalement développées en Jordanie, dans les villages et dans les camps de réfugiés. Des films vietnamiens, algériens, cubains et chinois furent projetés.

Principaux films produits

Films d’actualité produits par El Fateh sur les événements d’Amman en 1969, et 1970; sur les affrontements du Liban en 1972 de même que l’aide apporté aux films tournés par Jean-Luc Godard, Unitelefilm d’Italie et le film du groupe américain Newsreel: Révolution jusqu’à la victoire.

Parmi les films produits signalons: Le cœur et le sang (35 min. n&b, 16 mm) sur les événements de septembre 1970 en Jordanie; Agression sioniste, (22 min. n&b, 16 mm) sur le bombardement des camps et des habitations civiles au Sud Liban et en Syrie en septembre 1972; Scènes de l’occupation à Gaza (15 min. coul, 16 mm & 35 mm), scènes de la résistance des habitants de Gaza à l’Occupation; Ils n’existent pas (26 min. n&b, 16 mm), film sur le bombardement des camps palestiniens au Liban; ces films réalisés principalement par Moustapha Abou Ali. Palestine vaincra (25 min. n&b, 16 mm), film en français sur l’histoire du peuple palestinien. Al Fath- Palestine (120min. n&b, italien, 16 mm), film de Luigi Pirelli sur le Mouvement de libération nationale Al Fateh. Revolution Until Victory (52min. n&b, anglais, 16 mm), film réalisé par le groupe Newsreel, sur les complots sionistes contre la Palestine. Biladi (50 min. n&b, 16 mm, français) film réalisé par le cinéaste Suisse Francis Reusser sur la révolution palestinienne à partir des événements de l’aéroport de Kloten à Zurich en 1970.

Nature de la diffusion, mécanismes et principaux films diffusés

La majorité des films distribués et/ou produits, sont en 16 mm. L’Institut du cinéma palestinien diffuse ses propres films. Après les projections militantes on distribue des questionnaires ronéotypés dans lesquels on demande aux gens d’exprimer leurs réactions, et dans lesquels on cherche à s’informer sur le genre de cinéma qu’ils attendent. Un certain travail a été fait avec le film de Tewfik Saleh Les dupesque le groupe considère comme un film palestinien.

Bibliographie

Afrique Asie, no: 36, 6 août 1973.- « Un Manifeste ». Cahiers du Cinéma, no: 248.- « La résistance palestinienne et le cinéma ». Cinéma Québec, avril/mai 1974.- « Cinéma Palestine. Catalogues de l’Institut ».


Sénégal


Foyer de recherches d’une éthique négro-africaine

(FRENA) B.P. 1603, Dakar. (Responsable section cinéma: Mahama Johnson Traoré).

Origines et historique

Collectif de travail récemment formé à Dakar et dont les Objectifs sont définis dans le sigle. Le groupe cherche à établir des contacts avec d’autres groupes de recherches non seulement en Afrique, mais ailleurs dans le monde, et principalement chez les groupes négro-américains, afin d’échanger articles, textes, analyses pratiques et théoriques sur le thème plus général de la « décolonisation culturelle «un peu au sens où l’entend Solanas dans son manifeste sur le tiers-cinéma.

Objectifs

Par la diffusion de ces textes (qui recoupent plusieurs disciplines artistiques) le FRENA espère contribuer à la recherche d’une esthétique et d’une éthique, qui seraient mises au service de la révolution africaine dans les domaines de l’art. Éventuellement le groupe espère diffuser et/ou échanger des films. (Aucun autre détail disponible au moment d’aller sous presse).


Tunisie


Fédération tunisienne des ciné-clubs

(FTCC) 40, rue du 18 janvier 1952, Tunis.

Principales activités

La Fédération est un regroupement dynamique et progressiste qui importe et diffuse en Tunisie des films progressistes du Tiers-Monde et d’ailleurs. En outre elle permet à plusieurs jeunes cinéastes tunisiens de faire leurs preuves chaque année en produisant quelques films amateurs en 16 mm dont la thématique progressiste est souvent exemplaire. (Aucune autre information au moment d’aller sous presse).


Ce texte est issu du cahier no 2 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39

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