La Cinémathèque québécoise

Collections en ligne

Ce site est rendu possible grâce à la fondation Daniel Langlois

Dossiers sur les collections

Cahiers des rencontres > CAHIER 1 : PROJETS ET RÉSOLUTIONS > Version française des résolutions

Version française des résolutions adoptées lors de l’assemblée plénière du 8 juin 1974 : PDF

Sommaire :
> Pourquoi des rencontres internationales?
> Ateliers
> Questionnaire répertoire de la FEPACI
> Comité du cinéma du Tiers-Monde
> Comité des cinéastes latino-américains
> Résolution des travailleurs du cinéma des États-Unis
> Document de travail du comité provisoire de coordination des travailleurs du cinéma des pays européens et du Québec
> Une critique de type nouveau pour un cinéma de type nouveau
> Déclaration présentée aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma
> Déclaration Chili
> Communiqué de la Cinémathèque
>Télégramme
> Résolution politique


Pourquoi des rencontres internationales?

« Le troisième cinéma, c’est pour nous celui qui reconnaît dans la lutte anti-impérialiste des peuples du Tiers-Monde et de leurs équivalents dans les métropoles, la plus gigantesque manifestation culturelle, scientifique et artistique de notre époque, la grande possibilité de construire, à partir de chaque peuple, une personnalité libérée; la décolonisation de la culture. »
— Octavio Getino et Fernando Solanas, « Vers un troisième cinéma », Tricontinental, no 3, 1969.

Perspectives historiques

Nous sommes à un point tournant dans l’histoire du cinéma. À 75 ans le cinéma vient de prendre conscience de son rôle véritable dans le contexte politique contemporain. Cette prise de conscience s’est tout d’abord manifestée par une remise en question des structures du cinéma traditionnel (États généraux français de 68). Avec l’entrée dans l’arène des cinématographies nationales (en particulier celles des petits pays producteurs et des pays du Tiers-Monde), l’hégémonie des grandes cinématographies capitalistes se retrouve confrontée à une réalité nouvelle: celle d’un cinéma en transformation qui se doit de mettre au point une praxis qui lui assure une continuité.

Un clivage fondamental s’est donc installé/confirmé dans le cinéma de nos pays respectifs. Un peu partout, un type d’institutionnalisation, combiné avec le jeu des intérêts financiers et artistiques, a fini par imposer une pratique cinématographique à l’opposé de nos aspirations fondamentales. À l’opposé donc d’un véritable cinéma libérateur et national.

Ce clivage oppose un cinéma de « décolonisation » de formes diverses, à un cinéma de la plus-value, à un cinéma objet de consommation. Cette reconstruction est à la base de l’édification de cinématographies nationales authentiques. C’est une démarche qui implique la recherche et la création de moyens qui puissent assurer la continuité de cette lutte; une démarche qui puisse en même temps coïncider avec celle d’un développement véritablement national et populaire.

Il s’agissait dans un premier temps de décloisonner le cinéma, d’identifier certaines réalités et travailler dans une praxis nouvelle. Décloisonner peut aussi vouloir dire démystifier le cinéma comme produit culturel et mercantile.

Cinéastes et techniciens progressistes ont parfois obtenu des moyens de produire: maisons de production, équipement moderne, techniciens formés, etc., sans que cela permette pour autant de créer un outil de participation aux luttes de libération populaire: tout au plus quelques-uns ont-ils réussi à témoigner de certaines de leurs réalités nationales et parfois à prendre conscience du sens de la lutte. Mais il ne faut pas se leurrer: quelles que soient nos options politiques (toutes progressistes qu’elles soient), nous pratiquons ce métier dans une économie de marché. Il faut donc bâtir une stratégie possible, à l’intérieur du contexte dans lequel nous devons travailler, afin d’établir cette continuité.

Déclaration d’intention

Au plan politico-culturel, et compte tenu de la situation géographique du Québec, il nous apparaît important de confronter nos expériences avec ceux qui œuvrent ailleurs dans la même perspective. De reconsidérer les rapports qui composent les structures cinématographiques traditionnelles auxquelles nous nous heurtons. De voir plus résolument si nous pouvons élaborer ensemble des mécanismes transitoires vers une SOCIALISATION du cinéma. Si oui ou non l’alternative Tiers-Cinéma est possible dans cette perspective de changement. Car en dehors d’une telle attitude « transitoire», il nous faudra peut-être abandonner l’espoir d’une transformation PROFONDE et DURABLE du cinéma. Nous n’aurons plus alors qu’à choisir entre l’opposition permanente (revendication, contestation) et/ou une gestation des affaires du cinéma capitaliste.

Comme tâche prioritaire, les Rencontres se donneront donc ce premier pas comparatif qui seul nous empêchera de retomber dans le piège du respect suicidaire des institutions qui assurent la stabilité du système cinématographique existant, qui entravent sa transformation en empêchant l’existence d’un Autre Cinéma.

Il ne faudrait pas non plus que des oppositions viennent à se former à cause de nos rapports de force politiques différents, et ceci au profit d’un certain dogmatisme. Nous proposons plutôt d’utiliser les contradictions du système capitaliste de cinéma comme une marge de manœuvre dans nos relations avec ce système. Face à cette option de base, les Rencontres ne veulent fermer la porte à quelqu’expérience que ce soit. Nous voudrions que les Rencontres soient l’indispensable comparaison de la structure des régimes en place, des situations léguées par les structures existantes, mais qui restent tendues vers un objectif commun.

Essentiellement il s’agit moins pour nous de former dès maintenant une troisième force cinématographique (sorte d’internationale des nouvelles cinématographies unies dans la diversité) que d’assurer un dialogue essentiel, stimuler et rendre cohérentes nos stratégies.

La difficulté du mouvement qui se dessine appelle un effort pour préciser et renforcer nos moyens d’action pour un cinéma qui a un rôle à jouer dans le processus historique que nous affrontons.

« Le seul moyen de réaliser un projet non standard c’est de créer des conditions non standards et de présenter des exigences non standards pour le scénario, le tournage, le montage et tout ce qui concerne la création, la technique et l’organisation. »
— Dziga Vertov

« Exiger un art politique…pour des raisons politiques. »
— Bertolt Brecht


Ateliers

(information de base pour les présentateurs de communications)

Les ateliers comprendront des exposés faits par les représentants de différents groupes ayant mené une/des expériences(s) plus près des préoccupations évoquées ci-après. Ces communications seront suivies d’un débat avec les autres participants et devront faire (en tant que cela sera possible) l’objet d’une résolution pratique.

À cette fin nous avons préparé un cahier-arguments que nous vous proposons comme hypothèse de travail pour la préparation de vos communications. Nous avons choisi d’aborder les grands thèmes (production, distribution, exploitation) par le biais de propositions qui pourraient remettre en question les méthodes existantes, qui sont la cheville d’opération d’un type de cinéma industriel.

Comment les films sont montrés

Ouvrir un débat sur la projection des films, c’est vouloir réexaminer les conditions de présentation actuelles des films. C’est du même coup tenter de redéfinir le concept de la salle de cinéma et la « pratique » qui s’y rattache.

  • Comment transformer la salle de cinéma? Le nouveau cinéma devra-t-il toujours être assujetti aux mécanismes d’exploitation traditionnels?
  • Quelles ont été les différentes expériences tentées à ce jour? Comment se chiffrent-elles sur le plan efficacité?
  • Faut-il compter sur les réseaux de diffusion actuels ou en créer de nouveaux ou encore s’appuyer sur d’autres réseaux existants?
  • Comment démystifier cet aspect du processus cinématographique?
  • Faut-il prévoir des salles-forums? Travailler à partir de projections-événements?
  • Cette remise en cause de la « salle » de cinéma pose également la question de la responsabilité du cinéaste face à son film et face au public.

PN_1993-4_R39_V-1_p05-Img1

Le rapport actuel implique obligatoirement le distributeur/exploitant. Ce rapport est actuellement en sens unique. Rarement la communication se fait-elle vers le cinéaste ou du cinéaste vers le public. Le dialogue, si dialogue il y a, est strictement d’ordre mercantile. Le public paie mais n’a aucun contrôle. II est « consommateur ». Pour sa part le cinéaste se voit limité à un rôle de « créateur ». Le triangle est tronqué à sa base même, puisque le lien essentiel public/cinéaste ne s’établit pas ou s’il s’établit ce n’est qu’artificiellement par l’intermédiaire du distributeur, par le biais d’un processus finalement mystificateur.

Participation de la base

  • Comment envisager la participation du public face au cinéma? Comment concevoir notre travail avec les organisations de base: syndicats, comités de citoyens, coopératives, etc.? Comment coordonner collectivement nos besoins? Quels sont les secteurs (syndicats, enseignement, organisations de base, éducation populaire, etc.) qui favoriseraient un regroupement sur le plan d’une certaine continuité de la production?
  • Est-il possible de considérer cette base comme cheville ou axe d’opération pour un Autre Cinéma?
  • Plusieurs expériences en cours peuvent permettre l’élaboration d’une amorce de solution sur ce plan. Du moins s’agirait-il d’une véritable base de production.
  • Il faudrait aussi prendre en considération, sur ce plan, le rôle que peuvent jouer les « télévisions » sous leurs formes diverses (grandes chaînes libérales, réseaux libres, TV éducative, etc.).

Face aux cinématographies du Tiers-Monde

Plusieurs questions pratiques peuvent être soulevées par rapport aux films et aux cinéastes du Tiers-Monde. Cependant, il ne s’agit pas ici de particulariser ces questions, mais bien de voir quels prolongements elles ont sur notre propre situation. De voir dans quelles mesures, certaines cinématographies occidentales sont elles-mêmes dans une situation tiers-mondique.

  • Quelles sont les questions qui se posent de façon constantes et quelles sont les solutions pratiques qu’elles commandent le plus explicitement?
  • Par exemple, comment aborder la question des cinéastes exilés, qui doivent continuer à travailler et à témoigner de leurs luttes nationales contre les fascismes ou les régimes en place? Quels mécanismes pourrait-on prévoir, qui permettrait à ces cinéastes de continuer à pratiquer leur métier?
  • Comment, d’autre part, contrecarrer la grille « économico-culturelle » qui empêche certains films d’être « rentables »?
  • Comment les pays du Tiers-Monde peuvent-ils utiliser certains films produits dans les pays occidentaux et qui traitent de cette option fondamentale?
  • Dans quelle mesure peut-on utiliser avec plus de cohésion les contradictions de nos pays respectifs, afin de nous donner une marge de manœuvre qui nous permettrait une plus grande efficacité sur ce plan à plus ou moins court terme?
  • En un mot, il s’agirait de voir ici dans quelle mesure nous pouvons accroître, tant sur le plan de la diffusion que sur celui de la production, notre collaboration réciproque?
  • Finalement il s’agirait ici de poursuivre le débat ouvert à Alger en décembre dernier, et de continuer le travail pratique qui a pu se dégager de cette première rencontre.

Circulation des copies

Remettre en question ces divers aspects de la pratique cinématographique traditionnelle nous amènera inévitablement à poser des questions d’ordre plus pratique.

  • Comment, par exemple, les mécanismes que nous pourrions élaborer remettent-ils en question la distribution « classique »? Quels sont les problèmes immédiats qui vont se poser sur le plan d’échange des copies?
  • Peut-on « échanger » des copies au lieu de les « acheter » de la façon traditionnelle? Comment peut-on contourner/utiliser les barrières légalisto-tarifaires des douanes sur ce plan?
  • Comment face à cette option garantir une certaine efficacité financière pour les cinéastes producteurs?
  • Comment les groupes peuvent-ils agir comme représentant ou agent avec les organismes en place afin d’assurer une utilisation/rentabilité maximum des films? Quel rôle peut jouer la télévision à ce niveau? En d’autres termes quels sont les mécanismes divers déjà en place ou déjà expérimentés, que l’on peut utiliser ou du moins coordonner afin d’assurer aux expériences en cours une certaine continuité elle-même constamment remise en question?
  • Comment la reprise en main de la diffusion peut-elle assurer une alternative réelle sur le plan économique?

Cinéma comme outil de transformation/ intervention sociale

  • Comment les expériences actuelles se comparent-elles?
  • Quelles sont les limites de ce type de pratique cinématographique?
  • Dans quelle mesure les structures de soutien de ces expériences (tant sur la plan de la production que sur celui de la diffusion) peuvent-elles servir de marge de manœuvre pour la permanence d’autres pratiques en cours?
  • Cet atelier sera présenté par le groupe Société nouvelle/Challenge for Change de l’Office national du film du Canada. Il présentera des communications par différents groupes quelque peu identiques.

Questionnaire répertoire de la FEPACI

Camarades,

Sur proposition du groupe de la FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes – B.P. 18I4 – Dakar — Sénégal.), les Rencontres internationales pour un nouveau cinéma vous prient de remplir soigneusement et le plus complètement possible la fiche signalétique ci-jointe.

Cette fiche sera compilée avec les autres, et fera l’objet d’une publication subséquente.

Merci.

FEPACI

Fiche signalétique des « groupes » participants

  1. Dénomination et sigle du groupe.
  2. Adresse complète pour la correspondance (adresse télégraphique; no. de Télex; no. de téléphone).
  3. Langues de travail/3bis – langues admises pour la correspondance avec l’étranger.
  4. Liste des principaux responsables (indiquer nom et prénom; qualité/profession ou responsabilité dans le groupe; adresse et téléphone personnels pour contact urgent, invitation, envoi de billets d’avion prepaid, etc.).
  5. Rappel résumé des objectifs du groupe.
  6. Principales activités (départements, services ou subdivisions avec description éventuelle, succincte, de chaque secteur d’activité et rappel du NOM de son responsable principal).
  7. Principaux films produits par le groupe et éventuellement disponible pour la vente(v), la remise en distribution (d), la location (l) ou l’échange (e) aux/avec d’autres groupes de cinéma alternatifs (indiquer le titre du film, son réalisateur, son métrage ou sa durée, son format, sa couleur et sa langue originale, ainsi que son genre, documentaire, reportage ou fiction et son sujet); s’il s’agit de plus de 5 films, établir une liste séparée et la joindre à cette fiche signalétique du groupe.
  8. Principaux films acquis par le groupe, et actuellement distribués ou diffusés par ses soins, sur un plan national (n) ou international (i) au cinéma seulement (c) ou au cinéma et à la télévision (ctv) (pour chaque titre donner les mêmes indications demandées en 7e ci-dessous et ajouter la nationalité du film et la société ou le groupe qui l’a fourni par vente, mise en distribution, location ou échange).
  9. Quelles sont les principales difficultés – autres que juridiques ou particulières au pays – rencontrées par le groupe.
  10. À la lumière de son expérience propre, que souhaiterait le groupe – en termes de solidarité objective, de meilleure coordination des efforts, et de méthodes de collaboration estimées plus efficientes – de la part des autres groupes éventuellement partenaires et des cinéastes (réalisateurs, producteurs, distributeurs de leurs propres films, comme c’est souvent le cas en Afrique par exemple). En général.
  11. En considérant que l’élaboration précise et l’échange immédiat des présentes fiches signalétiques constituent une réalisation concrète et évidemment utile de ces Rencontres internationales pour un nouveau cinéma, quelles sont plus précisément les propositions concrètes que le groupe souhaiterait voir retenues par ces rencontres et comment pense-t-il que les groupes ou cinéastes participants pourraient immédiatement les mettre en œuvre ou au moins jeter les bases de leur réalisation progressive.
  12. Autres remarques éventuelles du groupe:
    a) à l’adresse des Rencontres elles-mêmes (ou de tout autre rassemblement similaire à venir).
    b) à l’adresse de chacun des autres groupes ou cinéastes-participants en général.

P.S. PAR CAC MTL

L’information recueillie à travers ce questionnaire formera la base d’une publication informative sur les groupes participants aux Rencontres et autres groupes travaillant dans les mêmes perspectives et qui formera la documentation de base en vue d’une publication des rencontres…


Comité du cinéma du Tiers-Monde

A l’occasion des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma qui se sont déroulées à Montréal (Canada) du 2 au 8 juin 1974, les cinéastes du Tiers-Monde présents réaffirment leur résolution d’œuvrer à la constitution d’un front cinématographique anti-impérialiste au niveau du Tiers-Monde.

SOUHAITENT l’élargissement de ce front à toutes les forces cinématographiques progressistes actuellement en lutte dans le reste du monde contre le système cinématographique monopoliste de type capitaliste.

Pour ce fait, ils rappellent les principales résolutions adoptées par les cinéastes du Tiers-Monde à Alger en décembre 1973 et à Buenos Aires en mai 1974.

  1. Constitution d’un comité du cinéma Tiers-Monde avec pour siège Alger.
  2. Création d’un bulletin permanent d’information et de liaison.
  3. Constitution d’un catalogue de films du Tiers-Monde.
  4. Création de la Fédération latino-américaine des cinéastes (FELACI) à l’instar de la FEPACI, Fédération panafricaine des cinéastes.
  5. Promotion des échanges de la diffusion des films du Tiers-Monde.

SUGGÈRENT que le Comité d’action cinématographique du Québec, qui a (…) progressistes, luttant à l’intérieur de systèmes dominants (ouest-européens et nord-américains) en une ou plusieurs fédérations représentatives qui constitueront les partenaires des fédérations du Tiers-Monde pour la concrétisation du front cinématographique anti-impérialiste dans le monde.

SUGGÈRENT que le Comité d’action cinématographique du Québec, qui a permis la réalisation de cette rencontre, continue son œuvre en créant un Bureau permanent de liaison et d’information entre les cinéastes progressistes des pays occidentaux et leurs collègues du Tiers-Monde.

Ce bureau aurait pour tâches:

  • de regrouper les informations émanant des cinéastes progressistes des pays occidentaux et de les diffuser, par le biais d’un bulletin régulier;
  • de promouvoir l’échange, la distribution et la diffusion de films de cinéastes progressistes d’Europe et d’Amérique du Nord et des cinéastes du Tiers-Monde.

SOUHAITENT, comme base concrète de départ, que des accords effectifs soient passés dans l’immédiat entre les groupes de distribution et les cinéastes présents à Montréal pour l’acquisition et la distribution des films projetés au cours de cette manifestation.

SOUHAITENT la tenue régulière de rencontres similaires réunissant le plus grand nombre de cinéastes et de groupes de cinéastes progressistes du monde entier.


Comité des cinéastes latino-américains

Les cinéastes latino-américains réunis à l’occasion des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma, réalisées à Montréal du 2 au 8 juin 1974.

Considérant:

  • la similitude des conditions de travail dans lesquelles évoluent les cinéastes d’Amérique latine et les limites qui leur sont imposées par le néo-colonialisme et l’impérialisme.
  • l’identité de points de vue pour la décolonisation culturelle, qui est une condition nécessaire pour la libération totale de nos peuples.
  • concrétisant les aspirations communes proposées aux rencontres de Vina del Mar (Chili) (1967 et 1969), Merida (Venezuela) (1968), Alger (Algérie) (1973) et Buenos Aires (Argentine) (1974).

Décident:

  • créer une organisation qui regroupe les cinéastes d’Amérique latine dans le but d’unifier les forces à travers une structure de défense des films à tous les niveaux et aussi de contribuer au développement du cinéma latino-américain qui s’est aligné sur les luttes du peuple pour sa libération.
  • l’association des cinéastes latino-américains veut être un organisme ouvert à tous les cinéastes qui se déclarent, à travers leurs œuvres, pour un cinéma anti-impérialiste et libre de toute dépendance culturelle.

Objectifs fondamentaux:

  1. Représenter les cinéastes latino-américains.
  2. Promouvoir, permettre et collaborer à l’organisation de rencontres des cinéastes avec projections des films latino-américains, de manière périodique.
  3. Intervenir dans les conflits des cinéastes avec les organismes producteurs et distributeurs nationaux et étrangers sur la demande des membres de l’association.
  4. Assurer la défense des personnes membres quand elles souffrent de répression, d’emprisonnement et de persécution.
  5. Planifier la diffusion ininterrompue des films latino-américains dans tous et chacun des pays du continent et du Tiers-Monde.
  6. Centraliser, coordonner et diffuser l’information sur les activités du mouvement cinématographique latino-américain et des autres pays du monde qui sont en situation de dépendance ou qui en sont à leurs débuts ainsi que les pays qui ont la même problématique cinématographique que les Latino-Américains.
  7. Promouvoir le financement et mettre en contact les cinéastes qui ont des fonds de production.
  8. Participer, à la demande des cinéastes, aux accords de production et de distribution afin de garantir le respect de l’intégrité des films et de leur diffusion.
  9. Fixer des critères communs pour la commercialisation des films latino-américains sur les divers marchés.
  10. Fixer une politique culturelle commune en ce qui concerne la participation du cinéma latino-américain dans les festivals cinématographiques qui existent dans le monde.
  11. Établir des relations avec les organismes cinématographiques internationaux à caractère culturel ou professionnel.

Résolution:

Constituer une commission provisoire dans le but de coordonner la réalisation d’une assemblée latino-américaine qui devrait avoir lieu au cours de l’année 1974 avec comme objectif la concrétisation de l’organisation définitive de l’association.

L’association des cinéastes latino-américains qui désirent la diffusion de films, l’unité des hommes qui sont pour un cinéma engagé et le développement d’un cinéma qui soit un authentique instrument de vérité et de libération fait un appel à tous les cinéastes d’Amérique latine qui pensent qu’il n’y a pas lieu ni raison pour un cinéma qui serait en dehors de la lutte de libération anti-impérialiste des peuples latino-américains.

Signataires:

Carlos Carillo (Mexico), Julio Garcia Espinosa (Cuba). Jorge Giannoni (Argentine), Walter Achugar (Uruguay), Carlos Alvarez (Colombie), Alfonso Beato (Brésil), Carlos Gonzalez (Mexique), Miguel I.ittin (Chili), Sergio Olhovrich (Mexique), Edgardo Pallero (Argentine), Dario Pulgar (Chili), Humberto Rios (Argentine), Femado Solanas (Argentine), Francisco Leon (Cuba), Cosme Alves Netto (Brésil), Jorge Sanjinés (Bolivie), Fédérico Garcia (Pérou), Juan Aranibar (Pérou), Pedro Rivera (Panama). Modesto Tunon (Panama), Maria Arrieta (Bolivie), Carlos Rebelledo (Venezuela), Mario Handler (Uruguay), Diego de la Tejata (Puerto-Rico), Manuel Perez (Cuba), Sergio Muniz (Brésil), Pedro Chaskel (Chili).


Résolution des travailleurs du cinéma des États-Unis

À la suite de la suggestion faite par les représentants du Comité du cinéma du Tiers-Monde, les travailleurs du cinéma progressiste des États-Unis impliqués dans le domaine de la production, de la distribution, de l’exhibition et de la critique de films, se sont rencontrés afin de discuter de la façon et des moyens à prendre afin de se joindre au mouvement mondial vers un cinéma progressiste, et plus spécifiquement afin d’examiner les moyens à prendre dans le but d’établir les meilleures relations possibles avec les autres organisations existantes, particulièrement celles du Tiers-Monde telles la FEPACI et la CELACI et le Comité du cinéma du Tiers-Monde. Nous en sommes donc arrivés aux conclusions suivantes:

Premièrement:

Les participants américains aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma ne constituaient pas un groupe suffisamment représentatif du mouvement du cinéma progressiste aux États-Unis. Ce mouvement est réparti à travers un pays de 230 millions d’habitants; il comporte, d’autre part, des divergences importantes sur le plan des options, des priorités et de l’idéologie qui, en somme, reflètent la situation politique plus générale de notre pays. Nous sommes conscients de ces limites et des difficultés auxquelles nous devons faire face afin de créer une organisation comparable à celles de nos camarades dans le Tiers-Monde.

Deuxièmement:

Nous avons décidé de tenir des assemblées régionales préparatoires à New York et à San Francisco dans le but de discuter des objectifs d’un congrès national qui pourrait se tenir au printemps de 1975. En général il a été convenu que ce congrès devrait analyser les différents secteurs du travail cinématographique aux États-Unis. Les thèmes théoriques et idéologiques discutés devraient contribuer à un premier consensus de base et finalement le congrès devrait pouvoir évaluer les possibilités concrètes en vue de la constitution d’une organisation ou fédération des travailleurs progressistes du cinéma aux États-Unis.

Troisièmement:

Nous reconnaissons l’importance de la diffusion du cinéma progressiste du Tiers-Monde aux États-Unis et nous nous engageons à travailler en collaboration avec les organismes existants et déjà actifs dans ce domaine: Tricontinental Film Center, Third World Newsreel, etc. afin de produire des versions anglaises, de distribuer et de projeter le cinéma du Tiers-Monde aux États-Unis dans le cadre d’un travail plus général d’éducation du public américain sur le plan de la culture et des situations politiques du Tiers-Monde. Nous reconnaissons notre responsabilité spécifique envers les cinéastes du Tiers-Monde en vue de créer les conditions qui empêchent que leurs films ne soient relégués dans les circuits marginaux. Afin qu’ils puissent aussi être montrés le plus largement possible d’une façon qui permette de pourvoir financièrement à la continuité de leur travail.

Quatrièmement:

Nous nous engageons à travailler dans le but d’assurer la diffusion du cinéma progressiste, socialement engagé aux États-Unis, particulièrement le cinéma fait par et à propos des ressortissants du Tiers-Monde aux États-Unis (Afro-Américains, Chicanos, Asiatico-Américains, Amérindiens etc.) dans les pays du Tiers-Monde et dans les nations industrielles avancées d’Europe et d’ailleurs.


Document de travail du comité provisoire de coordination des travailleurs du cinéma des pays européens et du Québec

Introduction

On le sait, les structures dominantes de diffusion du cinéma sécrètent des formes multiples et insidieuses de censure: qu’elle soit d’ordre moral, politique ou économique, il s’agit le plus souvent de faire obstacle à un cinéma qui propose une conception du monde antagoniste avec celle de la bourgeoisie. Surtout quand il incite à la lutte pour une transformation révolutionnaire des rapports sociaux.

Dans cette situation il s’agit pour nous de construire une alternative pour:

  1. Permettre à ce nouveau cinéma d’être vu et de remplir sa fonction.
  2. Assurer aux producteurs de ces films la possibilité économique de poursuivre un travail politique avec le cinéma.

Dans cette perspective nos tâches sont les suivantes:

  • Répondre à une demande de plus en plus large pour un cinéma proche de la réalité et qui rende compte des aspirations et des luttes populaires.
  • Développer et structurer un réseau alternatif solide.
  • Multiplier les points de projections en mobilisant les groupes ou personnes à la recherche d’un moyen d’intervention social.
  • Organiser mieux la circulation des copies.
  • Favoriser l’échange d’information sur les nouveaux films et l’utilisation qui est faite des films.
  • Organiser un « réseau de confiance » entre les différents groupes étrangers (se plier à des exigences communes au point de vue politique et économique – comptes ouverts, bilans de projection, etc.).

C’est pourquoi, les cinéastes et utilisateurs de films d’Europe et du Québec réunis à Montréal à l’occasion des Rencontres pour un nouveau cinéma expriment leur volonté de coordonner leur travail. De réunir des groupes (peut-être des individus) sur la base d’objectifs communs et du choix d’un certain travail.

AFIN:

  • De transformer les rapports entre le film et le public. Le film doit être conçu comme un outil d’intervention politique. Il doit être en situation de permettre un travail culturel et politique en profondeur.
  • De lutter contre le cinéma marchandise et la logique du profit; contre le film objet de contemplation et la culture élitaire. POUR UN CINEMA D’INTERVENTION SOCIALE POLITIQUE AU SERVICE DES LUTTES POPULAIRES.

Le texte qui suit est le premier acte qui concrétise ce regroupement. Il a été approuvé à la rencontre de Montréal par les représentants des différents groupes présents. Il n’a cependant pas été signé vu l’absence de certains groupes et pays concernés. Ce texte jette les premières bases d’une plate-forme commune.

Commentaire

La coordination internationale doit être intimement liée à la pratique spécifique de chaque groupe. Le regroupement sera le reflet des parties prenantes et influera sur elles. C’est dans ce sans seulement qu’il sera efficace.

C’est pour cela que la première plate-forme doit contenir des résolutions pratiques et qu’elle devra s’établir tant sur des prises de positions politiques que sur le choix d’un type de travail.

SIGNATAIRES

Thierry Coene, Unité de distribution, Belgique. Carl Henrik Svenstedt, Film Centrum, Suède.

Projet de plate-forme

Les personnes engagées dans un travail du cinéma en tant que moyen de développement de la conscience révolutionnaire en Europe occidentale et au Québec, réunies à Montréal, à l’occasion des Rencontres pour un nouveau cinéma, affirment la nécessité de créer un front cinématographique contre l’usage néo-capitaliste et impérialiste de l’audio-visuel.

TEL USAGE SE SITUE À DEUX NIVEAUX:

  1. Le refus de diffuser des films, et parmi eux la plupart des films du Tiers-Monde, qui se différencient ou qui s’opposent aux modèles codifiés par lesquels on éloigne du peuple la conscience de son exploitation et de son oppression;
  2. La manipulation des films qui arrivent à franchir la barrière des circuits commerciaux, et très souvent même des circuits marginaux, par l’attribution à ces films d’une valeur d’usage en tant qu’objets exotiques marchandables dans une société démocratique.

LE BUT DE NOTRE FRONT EST DOUBLE:

  1. Contribuer à la formation d’une conscience critique face aux produits véhiculés par le système monopoliste et homologue à l’idéologie dominante;
  2. Promouvoir, favoriser, solliciter la diffusion par des moyens adéquats de tous les films qui se proposent comme instruments de libération des peuples et de transformation de nos sociétés, en luttant en même temps contre tout système de récupération commerciale ou autre.

Tout cela fait partie d’un combat plus large dans lequel nous sommes unis aux camarades africains et latino-américains, et au Tiers-Monde en général. Ce combat doit avoir comme perspective cinématographique la prise de possession de tous les moyens de production et de diffusion des films, et dans l’immédiat, l’union des écrans libres et la création de nouveaux espaces et moyens d’action cinématographique.

CONCRÈTEMENT:

Entre les personnes réunies à Montréal, il a été convenu ce qui suit:

  1. Que soit maintenu le Comité d’action cinématographique de Montréal dans le but d’organiser et de coordonner l’échange d’information de films entre les différentes fédérations du monde.
  2. Qu’une première rencontre des pays concernés soit organisée à Pesaro du 12 au 19 septembre (contacter LINO MICCICHÉ – 00186 ROMA VIA DELLA STELLETTA. 23; Tel: 657-340 – 057 598: télégramme: NUOVOCINE-ROMA)
    Qu’une seconde rencontre sera organisée, probablement à Bruxelles, début 75 à l’initiative de l’UNITÉ DE DISTRIBUTION – Épicerie Murillo (contacterMICHELINE CRETEUR; 32 av. Van Becelaere. 1170 Bruxelles: Tel. Bureau: 13 94 40 ext. 124; Privé: 73 30 24; Unitéde distribution: 734 93 86)
  3. Que chacun des groupes concernés établira un dossier d’information le définissant politiquement (sa pratique, son analyse critique par rapport à la situation du cinéma dans le pays). Cela avant les rencontres prévues.
    Chaque groupe fera également part de projets d’amendements ou de contre-projet de plate-forme avant la mi-août. Ils doivent être envoyés à Micheline Creteur afin que tous les groupes puissent en prendre connaissance.
    Un questionnaire sera envoyé dans la seconde quinzaine de juin à l’initiative de l’UD.

Une critique de type nouveau pour un cinéma de type nouveau

Les critiques de cinéma réunis aux Rencontres pour un nouveau cinéma à Montréal entre le 2 et le 8 juin 1974 préconisent l’organisation d’un colloque sur le thème: « Une critique de type nouveau pour un cinéma de type nouveau »,dont les recherches pourraient être développées dans les quatre directions suivantes:

  1. Remettre en question le règne du cinéphilisme désincarné et promouvoir une critique militante qui dénonce l’idéologie des cinémas établis et soutienne les cinémas progressistes.
  2. Sortir de l’idée qu’il y a des « grands » cinémas (américains, français, italien, etc.) et des « petits » cinémas, des cinémas « à vocation internationale » et des cinémas nécessairement confinés dans le « provincialisme ».
  3. Privilégier les critères politiques au détriment de critères esthétiques abstraits, contribuer à promouvoir des esthétiques nouvelles sur la base du marxisme.
  4. Susciter des revues et des nouveaux pôles de réflexion critique émanant des forces progressistes de tous les continents.

Signataires:

USA: Harold D. Weaver Jr., Third World Morning Images Project; Gary Crowdus, Cinéaste; Julio Lesage, Women and films; John Hess Jump Cut
QUÉBEC: Jean-Pierre Tadros, Cinéma Québec; Alain Berson, Champ libre; Pierres Vallières, Cinéma Québec: Michel Vézina, CKRL-FM, Québec; André Pâquet; Pierre Véronneau, Stratégie.
FRANCE: Guy Hennebelle, Écran 74, Afrique/Asie. Serge Le Péron.
ITALIE: Lino Micciché, Cinema 60; Guido Aristarco, Cinema Nuovo.
CHILI: Erik Martinez, Primer Plans.
TUNISIE: Férid Boughedir, Jeune Afrique; Tahar Cheriaa.
SUÈDE: Carl Henrik Svenstedk, Film and TV.
BELGIQUE: Marian Handwerker, Contre-champ; Robbe de Hert.


Déclaration présentée aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma

  • Le Canada a mis 20 ans à reconnaître le gouvernement de la Chine populaire, mais 20 heures pour reconnaître les dictateurs et tortionnaires de Grèce et du Chili.
  • Après avoir collaboré avec les USA pour le massacre de plus de un (1) million de Vietnamiens, notre pays refuse encore aujourd’hui les visas d’entrée aux membres du GRP, gouvernement pourtant reconnu dans les accords de Paris.
  • Nous continuons de fournir des armes et d’autres formes d’aide à des gouvernements qui assassinent les mouvements libérateurs des pays en voie de développement.
  • Nous passons à longueur d’année des films commerciaux pour des firmes qui exploitent, qui saignent le Tiers-Monde; mais nous refusons de distribuer les films qui montrent la lutte et les souffrances des peuples du Tiers-Monde.
  • Nous nous proclamons pays démocratique, mais nous censurons les idées d’une partie grandissante de notre population. Plusieurs films de cinéastes québécois sont actuellement censurés, pour des raisons politiques. Nous sommes en train de faire un autre pas vers une dégradation de la démocratie, qui un jour peut nous conduire au fascisme.
  • Comme cinéastes québécois et canadiens, nous nous élevons contre toute forme de censure dans notre pays comme ailleurs. Nous réclamons la libre circulation des films que nous réalisons avec et pour le peuple de notre pays et de l’étranger.

NOUS DEMANDONS:

  • que notre gouvernement fasse les pressions nécessaires pour obtenir la libération des cinéastes et autres personnes emprisonnées au Chili et ailleurs, pour des raisons politiques.
  • que notre pays appuie les efforts des cinémas progressistes du Tiers-Monde. Qu’il inscrive cette aide dans le cadre de son programme d’aide aux pays en voie de développement.
  • que les cinéastes québécois et canadiens soient solidaires de leurs confrères du Tiers-Monde, dans la lutte contre toutes les formes de censure et d’esclavage qui entravent la distribution des films comme des idées.

Signataires:

Michel Régnier, cinéaste. Robin Spry, cinéaste. Michael Rubbo, cinéaste. Martin Defalco, cinéaste. Maurice Bulbulian, cinéaste. Richard Lavoie, cinéaste. André Melançon, cinéaste. Hélène Girard, cinéaste. Martin Duckworth, cinéaste. Jean-Claude Labrecque, cinéaste. Francis Mankiewicz, cinéaste. Anne-Claire Poirier, cinéaste. Claude Lefebvre, cinéaste. Pierre Bemier, cinéaste. Pierre Hébert, cinéaste. Michel Gauthier. Kirwan Cox, Canadian Council of Filmmakers. Sandra Gathercole. Toronto Filmmakers’ Coop.



Déclaration Chili

Les participants aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma qui se sont déroulées à Montréal du 2 au 8 juin 1974 désirent affirmer ce qui suit en rapport avec les événements au Chili:

  1. Nous condamnons avec force les assassinats, les tortures et les emprisonnements arbitraires qui sont perpétrés contre le peuple chilien tous les jours. Cette répression criminelle affecte tout particulièrement le prolétariat chilien qui est une force exemplaire pour tous les mouvements de libération à travers le monde.
  2. Nous sommes conscients que la fin de la lutte du prolétariat chilien n’est pas pour demain. Sa conscience de classe, sa capacité de lutter et son courage sauront résister au mouvement fasciste quelle qu’en soit la brutalité. Aujourd’hui plus que jamais, nous désirons exprimer notre solidarité avec le peuple chilien, en nous engageant dans son combat qui est le combat pour la libération de tout le Tiers-Monde.
  3. Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques chiliens et demandons que cessent les crimes perpétrés contre ceux dont la seule offense fut celle de se battre pour l’existence d’un pays juste et souverain.
  4. Nous nous engageons à combattre pour la libération immédiate des camarades suivants, acteurs et cinéastes emprisonnés depuis plusieurs mois et qui ont été sauvagement torturés. Ils sont: Marcello Romo, Guillermo Cahn, Ivan San Martin, Elsa Rudolphy, Francisco Morales, Hugo Medina, Enrique Berrio, Pedro Atias.

La lutte du peuple chilien est la lutte de tous les peuples du monde.


Communiqué de la Cinémathèque

Nous désirons vous informer que, considérant:

  1. La situation chilienne à partir du coup militaire du 11 septembre 1973 et les conditions dans lesquelles doivent se développer les activités culturelles, soumises à des restrictions qui tout simplement empêchent leur réalisation, ou, ce qui est pire, les défigurent et les avilissent.
  2. Les persécutions et la répression généralisée qui affecte tout le peuple et qui, bien sûr, affecte aussi les cinéastes.
  3. L’impossibilité d’accomplir, avec une efficacité et une honnêteté minimum, les tâches propres d’une cinémathèque dans ces conditions.
  4. La nécessité urgente de veiller à la conservation de multiples matériaux cinématographiques qui constituent des œuvres et des témoignages de valeur importants sur la réalité chilienne.

Nous avons décidé de réinitier le travail réalisé au Chili, à travers la cinémathèque universitaire, interrompu et empêché par l’intervention militaire de l’Université du Chili, établissant la CINÉMATHÈQUE CHILIENNE EN EXIL, à La Havane, Cuba, et qu’elle a commencé son travail le 30 avril 1974, sous la direction du signataire.

La Cinémathèque chilienne en exil a pour mission fondamentale de réunir tout le matériel cinématographique du ou sur le Chili, pour sa préservation, classification, mise en archive et diffusion.

Nous espérons maintenir dans l’avenir les relations les plus cordiales avec les cinéastes progressistes du monde et nous les remercions dès maintenant pour toute collaboration à la tâche que nous nous sommes proposée.

Peter Chaskel B.
Directeur, Cinémathèque chilienne en exil
Calle 23 no. 1155, La Habana4, Cuba


Télégramme

AU PRÉSIDENT DE L’URUGUAY JUAN BORDABERRY.

DÉNONÇONS SITUATION DES CINÉASTES QUI, TOUT COMME LE PEUPLE URUGUAY, SUBISSENT LA RÉPRESSION ET L’EMPRISONNEMENT AUX MAINS D’UN RÉGIME QUI OBÉIT À UN ORDRE ANTINATIONAL.

RENCONTRES INTERNATIONALES POUR UN NOUVEAU CINÉMA.

MONTRÉAL 8 JUIN 1974.


Résolution politique

Les travailleurs progressistes du cinéma du Tiers-Monde, d’Europe, de l’Amérique du Nord présents aux Rencontres internationales pour un nouveau cinéma à Montréal 2 au 8 juin 1974.

DÉNONCENT l’intervention de l’impérialisme et de ses alliés, en Amérique latine, en Afrique, en Asie.

DÉNONCENT les agressions du sionisme contre les peuples arabes au Moyen-Orient.

DÉNONCENT la répression qui s’abat sur les travailleurs des arts et de la culture au Chili et en Palestine.

SOUTIENNENT les peuples qui luttent pour l’indépendance totale en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

SOUTIENNENT les revendications des classes de travailleurs opprimés par le système capitaliste et impérialiste dans l’Europe et l’Amérique du Nord, comme les dictatures fascistes dans l’Espagne et la Grèce.

 


Ce texte est issu du cahier no 1 des Rencontres de Montréal : Comité d’action cinématographique (Québec). Cahiers des Rencontres internationales pour un nouveau cinéma. Montréal : Comité d’action cinématographique, 1975, 4 vol. Bibliogr. ; Ill. Cote PN 1993.4 R39

Revenir en haut de la page