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LES BIOGRAPHIES > René Bail

1995_0352_PH_47
[196?] René Bail. Noir et blanc.Coll. Cinémathèque québécoise.1995.0352.PH.47.
René Bail devant sa moto . Photographe: Jean-Claude Labrecque.

BAIL, René, réalisateur, acteur, monteur, scénariste (Montréal, 1931 – Montréal, 2007). Il acquiert d’abord une formation technique, puis occupe plusieurs emplois — annonceur de radio, projectionniste à l’Associated Screen News, technicien en postsynchronisation — qui ne sont pas sans liens avec sa production cinématographique, fortement axée sur l’expérimentation technique. Il se fait la main sur un grand nombre de courts métrages 8 mm avant de réaliser, en 1957, un documentaire d’une grande richesse poétique, Printemps (c. m.), dont il signe le scénario, les images, la prise de son et le montage. Fort expérimental pour l’époque — notamment au plan de la bande sonore, brillamment conçue —, ce film évoque la saison printanière à travers « la récolte des sucres ». On y retrouve entre autres choses une poésie de la jeunesse qui correspond bien à la saison du dégel. Les désœuvrés (1959) marque une étape dans l’évolution de Bail — et dans l’évolution de plusieurs cinéastes québécois déjà fortement impressionnés par l’écran noir du début de Printemps. Des plans-séquences montés dans la caméra, et une poésie d’un réalisme franc attirent les éloges de Jean Pierre Lefebvre à la sortie du film. Après avoir visionné le film, Claude Jutra et Michel Brault suggèrent à Bail de présenter des projets à l’ONF, ce qu’il fait sans résultat. En plus de ses propres productions et d’un scénario non tourné (La p’tite vie), Bail participe à quelques films en tant qu’acteur — il est l’éternel « gars de bicycle » dans À tout prendre (C. Jutra, 1963); Le viol d’une jeune fille douce (G. Carie, 1968) ; Valérie (D. Héroux, 1968) — ou monteur, principalement chez Onyx où son génie de la synchronisation est d’une grande utilité. Cinéaste marginal, peu connu, Bail est aussi l’auteur d’un Manifeste pour le cinéma libre (1972) qui constitue une réflexion pénétrante sur les particularités esthétiques du cinéma et sa trop grande dépendance face aux agents économiques. En plus d’y déclarer le cinéma « art de témoignage par essence » — le cinéma direct n’est pas loin — Bail y lance l’idée, originale et quelque peu problématique, d’un film écrit qui correspondrait à la partition musicale qu’on interprète en suivant les indications du créateur, d’où une liberté totale pour ce dernier. En 1972, un terrible accident de moto interrompt ses activités de cinéaste. On reconnaît en Bail « une source vive du cinéma d’ici ». En 2006, avec la collaboration de Richard Brouillette (Trop c’est assez, 1995), il signe une version définitive des Désœuvrés à laquelle il a ajouté quelques scènes. Pascale Ferland lui consacre un documentaire, Adagio pour un gars de bicycle (2008), rare occasion de voir des images de ses films et de reconstituer son parcours. (Jocelyn Deschênes, Le Dictionnaire du cinéma québécois)

Dossier réalisé avec la collaboration de