La Cinémathèque québécoise

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La poésie n’est pas un ingrédient mais l’essentiel de ce que j’aime dans les films

Copie Zéro : Est-ce que le souci de distraire le public est pri­mordial pour toi quand tu fais un film?

André Forcier : Je ne veux pas être plate, mais je n’ai pas la dérision d’arracher qui que ce soit à son quotidien.

Copie Zéro : Mais quand même, est-ce que l’ambition de dire quelque chose prime sur toute autre intention?

Albert Payette dans le rôle d'Amédée Croteau : L'EAU CHAUDE L'EAU FRETTE Photographie Dominique Chartrand
Albert Payette dans le rôle d’Amédée Croteau : L’EAU CHAUDE L’EAU FRETTE
Photographie Dominique Chartrand

André Forcier : Avant tout, je veux faire passer l’émotion.

Copie Zéro : Pourquoi fais-tu des films?

André Forcier : Par compensation et pour gagner ma vie.

Copie Zéro : Et le plaisir?

André Forcier : Comme tout plaisir, il est rare et de courte durée.

Copie Zéro : Comment es-tu devenu cinéaste?

André Forcier : En versification, les Franciscains m’ont obligé à prendre l’option “Cinéma” parce que je n’étais pas assez doué pour faire du grec ou des sciences… C’était à la fois un cours d’histoire et un véritable atelier.

Nous avions accès à un équipement assez rudimentaire, que nous utilisions à tour de rôle pour tourner un bout de film. Nous avions tout un professeur. On l’appelait monsieur Gauthier. À cette époque, j’ai dû faire une centaine de dé­coupages techniques que je n’ai jamais tournée.

L’année suivante, en Belles-Lettres, je commettais un petit film, abstrait et prétentieux à souhait. Je garde un meilleur souvenir de LA MORT VUE PAR… C’était en rhétorique. Nous avions proposé au professeur de religion de faire un film collectif en guise de travail pratique. Ça devait traiter d’un grand thème humain. Nous étions six : il y avait Chenail, David, Caron et les frères Labonté.

Gilles Carle faisait partie d’un jury qui donna un prix à ce film, dans le temps d’Images en tête. Nous “débarquères” en gang chez Onyx Films, où il travaillait, et nous leur “bummères” pendant plusieurs années de l’équipement pour tourner nos films. Gilles, les frères Lamy et Jean Dansereau, qui était aux Cinéastes Associés, m’ont donné des chutes de pellicule et prêté l’équipement dont j’avais besoin pour tourner. CHRONIQUES LABRADORIENNES et surtout LE RETOUR… étaient des sortes de “film-maker’s” film. Quand j’ai déposé le projet de BAR SALON à la Société de développement de l’industrie cinématogra­phique canadienne, il y eut des cinéastes qui appuyèrent le projet et qui parlèrent fort, dont Gilles Gascon.

Copie Zéro : Quels films voyais-tu à l’époque? Quelles ont été tes influences en tant que cinéphile?

André Forcier : Je me souviens d’avoir vu ADIEU MA BELLE LOLA, LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ et PAS DE VACANCES POUR LES IDOLES, un film d’auteur. Il y a aussi LES RAQUETTEURS, LA VIE HEUREUSE DE LÉOPOLD Z, LE RÉVOLUTION­NAIRE, ZÉRO DE CONDUITE, SUNRISE, LES 400 COUPS, MIRACLE À MILAN, TERRE SANS PAIN et UN CHIEN ANDALOU.

En 66, je me suis tapé la rétrospective du cinéma canadien qui passait à l’ONF. Un jour, on a projeté un film admi­rable; c’était LES DÉSOEUVRÉS, de René Bail. J’ai com­mencé à fréquenter la Cinémathèque quand on y a présenté tous les “Laurel and Hardy”.

Copie Zéro : Est-ce que la connaissance des techniques du cinéma a été prioritaire pour toi avant de commencer à tourner?

André Forcier : Je connais les possibilités de la technique, mais je ne suis pas très doué pour la technique. J’ai des pro­blèmes de coordination motrice, ne sais pas “shifter” et “chauffe” un Colt automatique.

Copie Zéro : La notion d’auteur-réalisateur, peu reconnue dans la grande industrie du cinéma, est-elle essentielle à la spécificité du cinéma que tu fais? Où pourrais-tu tourner le scénario d’un autre?

André Forcier : “Tourner le scénario d’un autre, dis-tu? Ça dépend sûrement de quel “autre” il est question. Jusqu’ici quelques personnes très complices ayant des sensibilités rap­prochées de la sienne (une sensibilité de type très “night cap”, une sensibilité de personnes qui apprécient toujours un dernier verre au petit matin “pour la route”) ont parti­cipé à ses scénarios. Pour l’instant, il n’envisage aucun changement majeur à sa façon de procéder,” dit à ma place mon chum de la Gatineau.

Copie Zéro : Comment travailles-tu concrètement les scéna­rios et les dialogues de tes films?

André Forcier : Pour commencer, nous notons toutes sortes de petites choses disparates. Petit à petit, certains éléments se fusionnent, meurent ou ressuscitent. Des personnages naissent, informes. Nos contradictions les enrichissent. Nous ne tenons pas à ce qu’ils soient nécessairement exem­plaires. L’histoire vient en dernier. Plus le travail avance, plus le travail est ardu et les problèmes concrets. Le gros de la job est voué à la structure. Nous prenons beaucoup moins de temps pour les dialogues.

Copie Zéro : Quand vous écrivez les dialogues, est-ce que vous les dites à haute voix?

André Forcier : Toujours. On les fait sonner; on les re-redit; on se les re-relance.

Copie Zéro : Est-ce que tu as déjà écrit des dialogues tout seul?

André Forcier : C’est arrivé pour LE RETOUR DE L’IM­MACULÉE CONCEPTION, NIGHT CAP et la première version d’AU CLAIR DE LA LUNE.

Copie Zéro : Tu as déjà dit que “derrière chaque film se cache le souvenir d’une personne.’’ Quelles sont tes sources d’inspiration?

André Forcier : Certains aspects de certaines personnes peuvent nous inspirer, mais l’écriture les triture. Il ne reste souvent que quelques petits “in-jokes”, comme le “Si petite, mais si peu délicate” de BAR SALON. Tu t’inspires davan­tage d’un acteur pour qui tu inventes un rôle que de tes amours mortes.

Copie Zéro : Tes expériences passées et tes souvenirs sont-ils inscrits dans tes films?

André Forcier : Baribeau dit en substance que l’individu dé­veloppe son existence dans un temps et un espace donnés, qui lui confèrent un certain encadrement, sans nier l’imagi­nation, le rêve et le reste.

Copie Zéro : Au générique d’AU CLAIR DE LA LUNE, il y a cinq noms de scénaristes, à part toi-même, dont les deux comédiens principaux. Est-ce que cela veut dire qu’ils ont tous travaillé avec toi avant le tournage ou si c’est une façon de souligner leur participation directe lors des prises de vues?

André Forcier : La version acceptée par l’Institut et par la SDICC aux fins de production est celle de Marcotte, Pratt et Forcier. Il y eut, par la suite, un mois de travail avec les comédiens. Cette importante participation au scénario éclaté doit être reconnue. Bernard Lalonde est le coauteur des voix hors champ. Je voulais tout lâcher, mais pas lui. Sans Bernard ce film n’existerait pas.

Copie Zéro : Lors du tournage est-ce que tu suis fidèlement le scénario et les dialogues tels qu’ils sont écrits?

André Forcier : Je doute de ne jamais pouvoir suivre de façon complètement fidèle qui que ce soit ou quoi que ce soit.

Copie Zéro : Tu animes actuellement des ateliers de scéna­risation. Comment parviens-tu à transmettre une façon d’écrire qui, a priori, est essentiellement personnelle?

André Forcier : Tout n’est pas absolument et irrémédiable­ment personnel. Nous utilisons quand même un médium donné qui est le cinéma et nous ne réinventons pas totale­ment le langage. Il n’y a pas de totale incompatibilité entre une façon d’écrire et le fait de connaître, utiliser et faire con­naître certaines manières d’écrire.

Copie Zéro : Le choix des comédiens, comédiennes et le travail de direction d’acteurs, est-ce un facteur important dans la réussite d’un film?

André Forcier : Évidemment…

Copie Zéro : Comment allies-tu professionnels et non-professionnels?

André Forcier : C’est comme un bon “drink”. Il s’agit de bien mêler le tout dans de bonnes proportions et ensuite de bien agiter.

Copie Zéro : Est-ce que la vedette, qu’elle soit homme ou femme, est un atout important pour toi dans le choix des comédiens? Pour le succès populaire de ton film?

André Forcier : Vedette ou pas, je prends le comédien qui, à mon avis, est le meilleur pour le rôle.

Copie Zéro : Est-ce que tu procèdes différemment quand il s’agit de diriger une femme ou un homme?

André Forcier : Il n’est certes pas facile de répondre d’une manière orthodoxe, juste et correcte à une si pernicieuse et si piégeante question. À vrai dire je n’en sais rien.

Copie Zéro : Pourquoi joues-tu dans tes propres films?

André Forcier : Pour économiser un salaire. Je réinvestissais cet argent dans la production.

Copie Zéro : Certains comédiens, je pense entre autres à Guy L’Écuyer, reviennent régulièrement dans tes films. Est-ce à cause d’affinités spécifiques ou bien parce que tu écris directement pour eux?

André Forcier : Quand un comédien revient, c’est qu’en général, le rôle a été écrit pour lui.

Copie Zéro : Est-ce que tu répètes, avant le tournage, avec tes comédiens?

André Forcier : Oui et de plus en plus.

Copie Zéro : Tes personnages sont très liés à leur environ­nement. Quand tu choisis tes comédiens, est-ce que tu penses au milieu social qu’ils vont représenter?

André Forcier : Une large partie de la réponse est sûrement présente, de façon patente, dans la manière dont tu poses la question de même que dans mes films. Cela dit, je ne fais pas de films “sur” un milieu social et je ne suis pas le ci­néaste du sous-prolétariat, comme on a essayé de le dire.

Copie Zéro : On peut retenir de multiples thèmes dans tes films, mais, par-dessus tout, ce sont des personnages que tu regardes vivre comme le ferait un anthropologue. Qu’en penses-tu?

André Forcier : Je ne suis pas anthropologue, mais mon chum Baribeau, qui est aussi sociologue, a dit ceci: “Le dé­collage poétique n’est pas incompatible avec un regard so­ciologique ou une vision anthropologique. De toute façon, pour faire un mauvais jeu de mots, une paire de lunettes an­thropologique n’est pas du tout inappropriée dans un univers où sévit l’anthropophagie sous toutes ses formes.”

Copie Zéro : Tu as déjà dit qu’ »il faudrait que tes person­nages croient en Dieu ». Que veux-tu dire par là?

André Forcier : Je n’ai pas dit cela, mais autre chose dont je ne me souviens plus.

Copie Zéro : On dirait que tes personnages attendent la fin de quelque chose, de leur monde. Ils n’ont pas l’esprit de compétition et ne cherchent pas l’ascension sociale. Ils vivent sous l’impulsion du moment sans moralisme. Est-ce juste?

André Forcier : C’est vrai. Mais je ne les ai pas prédestinés à être ainsi.

Copie Zéro : L’humour, l’ironie, le comique associés à la poésie sauvent tes personnages. Ils sont sympathiques malgré un immense désespoir.

André Forcier : L’humour et l’ironie sont des éléments de ce désespoir. La poésie n’est pas un ingrédient, mais l’essentiel de ce que j’aime dans les films. Le désespoir est une forme de lucidité et la lucidité ne rend pas nécessairement les êtres antipathiques.

Copie Zéro : On t’a déjà comparé à Jean Vigo!

André Forcier : Je crois qu’on a surtout parlé de l’admi­ration que j’avais pour Vigo.

Copie Zéro : Seuls les enfants sont vraiment libres dans tes films. Pourquoi?

André Forcier : Sans tomber dans une ridicule et “au-boutiste” mythologie de l’enfant pur, noble et messianique, est-ce que tu connais beaucoup d’adultes radicalement libres?

Copie Zéro : Les situations où tes personnages boivent, se saoulent sont assez nombreuses dans tes films. Est-ce par souci de réalisme ou quoi?

André Forcier : Je tourne dans les bars et les grills, à cause des ombres et de la lumière qui y est belle. Dans les films français, tout le monde boit, mais ça paraît moins; ce sont des smattes.

Copie Zéro : Quelle différence vois-tu entre la re­présentation du milieu populaire québécois à l’intérieur de tes films et celle décrite par Carie dans LE VIOL D’UNE JEUNE FILLE DOUCE ou LA VRAIE NATURE DE BERNADETTE, par Tremblay/Brassard dans LE SOLEIL SE LÈVE EN RETARD ou IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST, ou par Carrière dans O.K…. LALIBERTÉ?

André Forcier : Je n’ai pas de thèse à faire là-dessus. Je laisse ça aux spécialistes et aux critiques.

Copie Zéro : Quelle est l’importance de la géographie dans tes films? Chaque film est tourné dans un quartier différent, pourquoi?

André Forcier : Je choisis mes locations à cause de la qualité de la lumière et parce qu’ils servent bien notre scénario. Je me fous du réalisme géographique.

Copie Zéro : Malgré toute cette représentation de la réalité, tes films, d’une certaine façon, ont tous un caractère fantas­tique et même de science-fiction. Qu’en penses-tu?

André Forcier : En ce qui concerne le côté “science-fiction”, J.-S. B. voit mal à quoi tu fais allusion. Quant au caractère fantastique, c’est sûrement très vrai. Dans la mesure où il m’arrive d’éprouver du plaisir à faire des films, c’est sûre­ment là une large partie du plaisir.

Copie Zéro : Pourquoi n’as-tu jamais tourné de documen­taires?

André Forcier : C’est une affaire de circonstances et d’inap­titude.

Copie Zéro : Que veut dire la présence permanente de l’hiver dans presque tous tes films?

André Forcier : J’aime la lumière de l’hiver.

Copie Zéro : Tu as tourné en noir et blanc et en couleurs. Est-ce par choix ou par obligation? Quelles sont tes préfé­rences?

André Forcier : Je tourne en noir et blanc par choix et en couleurs par obligation.

Copie Zéro : Pourrais-tu nous parler de ta collaboration avec François Gill, tant au point de vue de son travail de ca­méraman que de celui de monteur?

André Forcier : Comme caméraman, il fait le choix des lo­cations et le découpage technique avec moi. Comme monteur, François n’essaie jamais de défendre son travail de caméraman au détriment d’un “take” qui est meilleur à l’in­terprétation. Au contraire. J’aime son honnêteté et sa rigueur. Il était là dans les premiers temps et m’a beaucoup appris.

Copie Zéro : Est-ce que ta conception de la mise en scène a changé du fait que, de plus en plus, les films sont produits en collaboration avec les télévisions et qu’ils sont diffusés par ce médium?

André Forcier : Non. Quand tu aimes le cinéma, quand tu aimes une image de cinéma, tu ne cadres pas pour la télé­vision.

Copie Zéro : La vidéo, ça ne t’intéresse pas?

André Forcier : Je n’y connais rien.

Copie Zéro : Que penses-tu des coproductions internationa­les? As-tu des projets dans ce sens?

André Forcier : J.-S. B. prétend que, dans ce domaine, ça dépend de qui produit quoi avec qui, et aussi comment et pourquoi. KALAMAZOO sera fort probablement une co­production avec la France.

Copie Zéro : Si on te proposait de le tourner en deux versions, l’une pour la distribution en salle et l’autre pour une série télé, comment réagirais-tu?

André Forcier : Je ne sais pas, je suis tellement imprévisible.

Copie Zéro : Depuis que tu réalises des films, n’as-tu jamais eu la sensation d’avoir été mendiant pour parvenir à les produire?

André Forcier : Non, mais les institutions ont toujours voulu que je mette mon salaire en garantie de bonne fin. À l’ONF, je ne vis pas ce genre de mépris.

Copie Zéro : Crois-tu pouvoir continuer à faire des films dans des conditions d’aussi grande liberté que maintenant?

André Forcier : Je ne sais pas. La liberté n’est pas une donnée préétablie et installée là une fois pour toutes.

Copie Zéro : Si tu avais à choisir entre ne plus tourner du tout ou tourner dans un cadre moins libre, plus commercial, que ferais-tu?

André Forcier : Je ne sais pas. S’adapter, mourir, se battre?

Copie Zéro : Comment vois-tu ton travail depuis que tu es permanent à l’ONF?

André Forcier : C’est grâce à l’ONF que j’ai pu terminer AU CLAIR DE LA LUNE. L’ONF nous permet aussi, à Marcotte et moi, d’écrire KALAMAZOO avec un salaire décent. Il n’y a pas de contraintes ni de censure, en ce qui me concerne.

Copie Zéro : Tes films ont toujours été distribués par Cinéma Libre; tu as même été un des fondateurs de la société. Pourquoi, comme d’autres cinéastes, n’es-tu pas allé avec AU CLAIR DE LA LUNE, chez de plus gros dis­tributeurs?

André Forcier : C’était un choix sentimental.

Copie Zéro : Tes films, surtout L’EAU CHAUDE L’EAU FRETTE, ont eu un certain impact en France. Est-ce que tu trouves que l’accent et les expressions québécoises que tu utilises dans tes films sont un obstacle à une plus grande dif­fusion?

André Forcier : Quand tu leur montres un film sous-titré, ils disent: “Pourquoi des sous-titres? Nous comprenons très bien”. Quand il n’y en a pas, ils en demandent. Il ne faut pas pour autant désinfecter nos personnages ou anéantir la poésie de la langue pour faire international. Hélas, un petit pays a toujours un petit rayonnement. C’est dans l’ordre des choses.

Copie Zéro : La reconnaissance internationale, est-ce que ça te préoccupe?

André Forcier : Il faut être assez reconnu pour avoir une continuité de production et assez inconnu pour avoir la paix.

Copie Zéro : Est-ce que tu vas souvent au cinéma?

André Forcier : J’y suis allé quatre fois cette année.

Copie Zéro : Quels sont tes cinéastes préférés?

André Forcier : Ceux qui m’ont donné le goût de faire des films: René Bail, Gilles Carle, Jean Pierre Lefebvre, Vigo, Chaplin, Skolimovski, De Sica, Buñuel, Godard, Melville, Truffaut, Flaherty, Gilles Groulx et Murnau.

(Entrevue réalisée par Pierre Jutras en novembre 1983, revue et résumée par André Forcier.)